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« J’étais en prison et vous êtes venu jusqu’à moi ! » (Mat.25)



« La privation de la liberté n’entraîne pas la privation d’exercer sa conscience et donc sa liberté intérieure. Notre présence auprès des personnes détenues peut permettre de donner du sens dans un environnement qui en est dépourvu. »  Cette parole du Père Jean-Marie Onfray, directeur adjoint du pôle santé/justice de la conférence des évêque de France, introduit bien la rencontre des animateurs des aumôneries de prison en Guadeloupe que sont visiter durant quelques jours le Père Jean-François Penhouet, aumônier national, et Sœur Marie-Yanide, son adjointe et déléguée nationale pour l’Outre-Mer.

« Originaire du Morbihan, et membre de la Mission de France, j’en suis à mon deuxième mandat de trois ans, nommé par les évêques de France pour cette mission. Et j’exerce mon apostolat à Fleury-Merogis, nous dit le père Jean-François. Nos aumôneries même si elle sont particulières, doivent fonctionner en réseau, et je suis venu créer du lien afin de respecter les règles très précises de nos interventions dans les prisons, et en même temps réconforter les personnes qui se dévouent partout pour apporter le message chrétien libérateur aux personnes détenues qui ont besoin de réconfort. Cela peut paraître la quadrature du cercle, mais en même temps, comme nous a dit le pape François à Abou Dabi ‘il nous faut entrer ensemble comme une unique famille dans une arche qui puisse sillonner les mers en tempête du monde : l’arche de la fraternité. »

 

 
Ilots de Fraternité
Les aumôneries de prison veulent être des « îlots de fraternité ». Ainsi en Guadeloupe y-a-t-il une aumônerie et deux antennes : une pour Basse-Terre où se trouvent environ 215 personnes détenues, et une pour Baie-Mahault où se trouvent environ 800 personnes détenues. « On n’aime pas parler de prisonniers ou de détenus, dans nos aumôneries, mais de personnes détenues pour bien respecter les femmes et les hommes que nous rencontrons, insiste Sœur Marie-Yanide, de la congrégation des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, d’origine haïtienne, et qui se dévoue à Fresnes.  
 
Spiritualité
« Nous appliquons dans le concret la recommandation de Jésus dans l’évangile de Mathieu (25) ‘j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi !’. Il nous faut croire que tout homme a un avenir, et surtout ne jamais l’enfermer dans le pourquoi de son passage en prison. Car tout homme a droit à rencontrer la Parole de Dieu même s’il n’est pas parfait. Il n’y a qu’une Eglise, et l’aumônerie c’est la part de l’Eglise diocésaine qui est incarcérée » poursuit le père Jean-François. « Nous avons la grande joie de rencontrer les aumôniers de Guadeloupe, leurs auxiliaires et toutes les personnes qui se dévouent autour d’eux. Il y a une vitalité sincère en Guadeloupe même si ce n’est pas toujours facile. »
 
Particularité
Il y a sept cultes reconnus officiellement dans les prisons françaises. Les grands cultes chrétiens mais aussi, et au même titre, les musulmans, les juifs, les bouddhistes, et récemment viennent d’être admis officiellement les Témoins de Jéhovah. « Nous sommes obligés de faire de l’inter-religieux partout, et l’œcuménisme est une réalité pour nous, et je veux ajouter qu’on y réussit assez bien malgré tout, même si on tient à garder nos idéaux intacts, conclut le père Jean-François.
 
Qualités demandées
La discrétion. Ne pas être dans une relation affective trop marquée. Un minimum d’empathie, mais pas plus. L’écoute attentive et vraie. Et puis savoir se taire. La curiosité est tout à fait contre-indiquée.
« La personne qui se dévoue à l’aumônerie doit avoir un vrai enracinement spirituel si elle veut faire de l’accompagnement. Elle doit aussi avoir le sens du travail en équipe, car on n’est jamais envoyé tout seul ! Etre très prudent et respectueux, car on ne résout pas ses problèmes personnels en venant au contact des personnes détenues » conclut père Jean-François Penhouet.
Faisons nôtre cette conviction du pape François : « la prière faite avec le cœur fortifie la fraternité ».

 

Jean-Marie Gauthier



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