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IRMA : des nouvelles au jour le jour, par Mgr Riocreux



Après Irma … « Maria » : lundi 18 septembre
Dès samedi, les média ont relayé l’info concernant  « Maria », ouragan qui se rapproche des Antilles Françaises et de la Dominique. « Encore ! » : mot qui jaillit en chacun de nous ici en Guadeloupe. En effet, ici sur la Grande Terre et la Basse-Terre, nous étions bien occupés par l’accueil et les réflexions pour la reconstruction. Et il faut maintenant  penser à se « calfeutrer » dans nos maisons, particulièrement à Marie Galante, aux Saintes et ici même à l’évêché.

Dès midi, la capitale s’est vidée et  les populations attendent la nuit, dans l’inquiétude et l’espérance que « Maria » ne frappera pas trop fort. Comment un tel cyclone avec un tel nom pourrait frapper durement ? Les rues de Basse-Terre  sont vides. Etrange impression en marchant dans la ville morte et sans voiture. Et nous pensons à nos voisins, particulièrement à la Martinique.  L’archevêque, Mgr Macaire, vient de m’envoyer un message optimiste en mentionnant l’ordination d’un prêtre hier dans sa cathédrale. Nous, en Guadeloupe, à l’avant-veille d’Irma, Anson a  été ordonné prêtre. Dimanche, à la veille de «Maria », Michel a été ordonné !

 

Et les messages commencent à affluer de toutes parts pour dire la proximité et la prière.Très sensible à cette chaine de prière et d’amitié, nous mesurons ce  qu’est la communication mondiale. De la France  à l’Océanie – là-bas, c’est  déjà mardi-, amis écrivent  pour dire qu’ils sont avec nous.

Et Maria vient bouleverser les programmes. D’abord ceux des enfants qui n’ont pu aller à l’école ce matin et demain. Ensuite les adultes confinés chez eux puisque c’est déjà l’alerterouge. Et enfin ceux qui devaient partir ou arriver. Pendant 24 H, l’aéroport Pole Caraïbe est fermé. Avec toutes les conséquences.

 

Je devais partir ce mardi vers Paris. Ce sera probablement mercredi. Arrivant jeudi matin, je pourrais être à Saint Ferdinand des Ternes à Paris pour la messe du soir et la rencontre avec les généreux paroissiens de cette église du 17ème arrondissement. Et il y aussi tous les rendez-vous prévus et donc reportés. Ce n’est pas grave.

Par contre, les informations venant de Saint Barthélemy et Saint Martin  sont plus inquiétantes. Deux semaines sans eau, sans électricité. Difficulté pour se nourrir. Quelle épreuve pour tous. Le Père Fiorenzo Rossi me disait au téléphone qu’un de ses dévoués paroissiens, René, avait pleuré. Les larmes de la tristesse et de l’épreuve.

Continuons notre prière, notamment pour les plus démunis.

Mgr Riocreux : Lundi 18 Septembre 18 H



Mardi 12 septembre à St Martin :


Mgr Riocreux s’est rendu à Saint Martin !

Ce mardi, répondant à mon souhait de me rendre dès que possible à Saint Martin, j’ai pu bénéficier de la navette des avions entre la Guadeloupe et l’ile sinistrée.
Parti en fin de matinée, je suis revenu en fin de journée après une  visite intense à Grand Case et au quartier d’Orléans. Ces cinq heures sur l’ile m’ont permis de nombreuses rencontres, dont  le Président de la République. Cela n’était pas prévu au programme, mais il est bien qu’il en fut ainsi.

Dès le survol de l’île, la découverte de la catastrophe avec la végétation broyée par Irma. Emotion en survolant  Grand Case et en atterrissant à l’aéroport de l’espérance.  Souvenir de ma précédente visite fin août,  deux semaines avant l’ouragan.



Accueil par le Père Freddy Hessou, prêtre originaire du Bénin assurant le ministère en août et septembre ainsi que par Roger Raquil, paroissien martiniquais. Rencontres  sur le tarmac dont un saintmartinois, père de famille qui me dit avec joie : « Monseigneur, vous avez fait faire la première communion à ma fille ». Puis, un capitaine connu il y a 20 ans à Paris me décrit la situation.
 
Nous nous rendons à l’église  « Mary, star of the sea » à  Grand Case. Trois membres du « Fellowship » nettoient l’église dont une partie de la toiture a disparu. Visite du presbytère dans lequel logeait le Père Charles Cornelius. Celui-ci a été rapatrié à l’Ephad de Basse-Terre lundi. Les souvenirs de mes  nombreuses rencontres avec cette figure de Saint Martin, handicapé, remontent. Les chasubles et habits liturgiques sèchent près du presbytère.

A ce moment-là, arrivent les journalistes. Réponses à leurs questions. Puis rencontre avec le président Macron et sa suite de ministres, préfets, militaires et média. Nous échangeons quelques phrases. Je l’invite à rencontrer une famille originaire de la République Dominicaine, dont le père et le fils sont coiffeurs. Entretien chaleureux.



 

Nous entrons ensemble dans l’église. Mr Macron et son entourage constatent les dégâts et entendent le Père  Freddy raconter la nuit de l’ouragan et le courage pour nettoyer les marques de l’ouragan.

Puis, avec le Père Freddy et Roger, nous nous rendons au quartier d’Orléans. Toiture à remplacer totalement et presbytère très abimé. La reconstruction sera longue.



Retour à l’aéroport. Des centaines de personnes sont reçues à l’extérieur pour valider leur départ de  Saint Martin. Des malades et des famlilles. Et aussi de nombreuses mamans avec leurs enfants qui souhaitent quitter  pour des raisons de scolarité des enfants. L’annonce de la réouverture des écoles à la Toussaint  a créé un traumatisme.

Dans le hall de l’aéroport, rencontre avec l’aumônier militaire Arnaud Spriet. Nous  visitons différents groupes. Ils sont près de 200 sur cet aéroport : ils permettent  le trafic normal entre St Martin et Guadeloupe et la sécurité dans l’ile. Chaque jour, 400 personnes sont évacuées  vers Pointe-à-Pitre.
Dans l’avion  pour 20  passagers :   originaires d’Haïti, de la république Dominicaine ou   de la Réunion.

Un bref voyage, une semaine après Irma. Je reviendrai sans tarder  à Saint Martin et à Saint Bart.

+ JY Riocreux
14 Septembre 2017







Les chasubles et aubes aussi sèchent







Les Messes reprennent  à Saint Barth
Hier, « Jour du Seigneur », une messe regroupant une dizaine de fidèles a été célébrée dans la chapelle des catéchismes de Gustavia. En effet, l’église était encore occupée par l’accueil de sinistrés.
En ce lundi, après les nettoyages des trois lieux de culte, le Père Fiorenzo Rossi célèbrera la messe chaque jour.

Dès ce soir, messe à 18 dans l’église de Lorient
Mardi et jeudi messe à 18 H dans l’église de Gustavia
Mercredi et Vendredi messe à 18 H dans l’église de Lorient.

Signe de reprise de la vie spirituelle  dans cette paroisse de St Barth !



Un  Dimanche  pas comme les autres (le 10 septembre)

En ce jour du Seigneur, partout dans nos paroisses la prière et la quête pour nos frères et sœurs de Saint Martin. A St Pierre St Paul, lors d’une belle célébration avec les sœurs de Chartres célébrant le jubilé du départ des premières sœurs au 18ème siècle, nous avons évoqué les deux communautés des religieuses de cette congrégation présentes à St Martin depuis 1855 et à St Barth depuis 1932.
Puis, avec le diacre Alain Bertaud qui travaille à l’aéroport et un médecin Rami Mistrih, j’ai pu passer un long moment avec les enfants et les mamans, des personnes agées dans le hall de Pôle Caraïbe. Impressionnant ! Des dizaines de personnes en attente d’une décision pour la nuit ou le retour  en France, en Europe et aux USA. « Chaque personne est un cas » me glisse Alain. Longue rencontre avec  les membres de la Croix Rouge, venus de France ou guadeloupéens, heureux de voir leur évêque avec eux.

Puis, par téléphone, j’apprends que le Père Rossi a célébré la messe avec seulement dix personnes dans la salle de catéchisme de Gustavia. Il prévoyait de venir demain pour la réunion du presbyterium. Devant l’afflux de personnes désirant rentrer en Guadeloupe, il restera sur place.

Les média « couvrent » l’évènement et la polémique devant l’évènement non préparé. De fait, cinq jours avant, nous savions  que Irma pourrait ravager nos iles. Et ce fut le cas à Saint Martin, ile singulière à tous égards, avec délinquance connue d’une jeunesse nombreuse. La conséquence : les populations rencontrées ce jour ont été doublement terrorisées : par la nuit dramatique mardi soir et par l’insécurité dans l’ile.

Au milieu de tout cela, une allemande me confie ces heures terrifiantes dans le sous-sol de l’hôtel. On se tenait tous la main été il y eut une grande solidarité. Handicapée d’une jambe, elle a pu venir en Guadeloupe et partir dès ce soir vers Berlin. Plus émouvant encore : un bébé de dix jours avec sa maman et les enfants jouant dans un espace. La maman m’a dit simplement : c’était insupportable, je n’avais pas de lait pour mon enfant.

Des personnes traumatisées. Et, la présence réconfortante des dizaines de personnes de la Croix Rouge.

+ Jean-Yves RIOCREUX
Dimanche  10 Septembre 19 H
 



Irma : La prière  du pape
Le pape François est en  Colombie depuis mercredi.  Lors de cette visite apostolique, il a rencontré les évêques de la région, dont Mgr Secco évêque de Willemstad (Curaçao). Mgr Secco est ainsi l’évêque de la partie hollandaise San Maarten.

Mgr Secco a pu saluer le pape en lui demandant sa prière pour les populations éprouvées de la Caraïbe par  l’ouragan Irma. « Oui, je prierai de tout mon cœur pour  tous ».
Par ailleurs, lors de la messe à Bogota, il a mentionné les victimes en assurant de sa prière.



 

Nouvelles de Saint Barth

En ce samedi matin (9 septembre), j’ai pu avoir au téléphone le Père Fiorenzo Rossi, curé depuis trois ans de Saint Barthélémy. Prêtre du diocèse de Bergame (Italie) – le diocèse de Saint Jean XXIII- il a été prêtre à Tahiti pendant plus de dix ans. Et il remplit bien  sa mission dans cette  île et également à Saint Martin, paroisse dont il est l’administrateur depuis quelques mois.

Il y a deux semaines, pour la Saint Barthélémy, nous avons passé deux jours ensemble, dans le beau presbytère au-dessus de la magnifique ville de Gustavia. Nous ne pouvions imaginer une telle catastrophe quelques jours plus tard.

Père Fiorenzo m’a donné des  nouvelles de ses paroissiens et du Père Robert Blanchard, prêtre originaire de l’ile en retraite près de sa famille. Nous avons évoqué aussi les destructions, notamment  le clocher  de  l’église soufflée, la chapelle de Colombier inutilisable,  le cimetière de Lorient au bord de mer dévastée avec une voiture poussée par les vagues au milieu du cimetière. Nous avons aussi évoqué  les pillages par des jeunes de l’extérieur, tentés par les magasins de luxe et les bijouteries.
Nous avons aussi rappelé le précédent ouragan en octobre  2014 et la situation rapidement maitrisée.
Pour l’heure, la situation est difficile, puisque l’électricité n’est pas rétablie avec toutes les conséquences, notamment la climatisation à laquelle les populations sont habituées. En effet, la température est habituellement élevée dans cette île et Père Fiorenzo m’a dit les difficultés pour le sommeil.
Il m’a annoncé que des paroissiens étaient actuellement dans la belle église pour nettoyer…et préparer pour ce dimanche.

Père Fiorenzo espère en effet célèbrer la messe ce soir à Lorient et demain matin à Gustavia. Espérons avec lui.

Dès lundi, il viendra en Guadeloupe afin de donner des nouvelles et témoigner devant les prêtres réunis pour leur session de rentrée ce mardi.
+ J-Y R



Jeudi 7 Septembre  2017
Depuis mardi, ici en Guadeloupe, à 250 kilomètres des iles du Nord, nous suivons le tragique évènement du passage Irma. Les qualificatifs utilisés dans les média sont forts. Et de fait, d’après les informations reçues, c’est une catastrophe pour ces iles de Saint Martin et Saint Barth, en incluant les autres îles touchées, Barbudas et Porto Rico.


 

Bien sûr, depuis Basse-Terre où se trouvent préfecture et évêché, nous tentons d’avoir des informations précises. Cela est rendu difficile par l’interruption hier des lignes téléphoniques. Cependant, ce matin, le Père Fiorenzo Rossi, curé de St Barthélémy a pu téléphoner en confirmant ce que nous pressentions : les multiples destructions et les populations en grande détresse. Père Rossi nous a donné l’information esse ntielle : il ne semble pas qu’il y ait des victimes, blessés graves  ou personnes décédées. Par contre,la préfecture des iles du Nord a annoncé huit décès à Saint Martin.
Dans cette dernière île, l’aéroport international Juliana dans la partie hollandaise qui accueille de nombreux touristes américains habituellement est inutilisable pour l’instant. Par contre, il semblerait que des avions militaires arriveront prochainement à l’aéroport  de la partie française à Grand Case. Cela permettra d’acheminer les premiers secours.



 

Dans le même temps, la Marine Nationale affrète un bateau  emportant  hommes et  produits de première nécessité depuis  la Martinique. L’aumônier militaire dans les Antilles, le Père Arnaud Spriet a pris place dans ce bateau. Il sera le signe de la présence d’Eglise auprès des militaires et des  prêtres dans les deux iles  ainsi que auprès  des populations sinistrées.

En lien avec les paroisses et le Secours Catholique diocésain, nous ouvrons un fond de soutien pour aider en première urgence et pour la reconstruction. Les quêtes de  ce dimanche lors des messes seront faites à cette intention.

+ Jean-Yves RIOCREUX

Evêque de Guadeloupe

Mercredi 6 Septembre à 11h
Devant l’ampleur des dégâts à Saint Barthélémy et à Saint Martin, iles du nord, les mots manquent en face de cette terrible catastrophe. Informé heure par heure sur le passage de l’ouragan Irma, j’ai pu parler au téléphone avec  le Père Rossi ce matin, expliquant les destructions, dont celle du clocher de l’église de Gustavia, capitale de St Barth, 9000 habitants.Saint Martin, île française et hollandaise de 70.000 habitants  a été très durement touchée. Et les informations  montrent que les populations ont beaucoup souffert. Les trois églises, dont celle de Marigot ont été des lieux d’accueil pendant le passage de l’ouragan.



 

Nous attendons les nouvelles récentes dans la journée en faisant ainsi un premier  bilan de ce terrible ouragan.
De nombreux messages de proximité et de solidarité nous sont arrivés particulièrement de France et de la Caraïbe.  Je remercie  tous ceux qui s’unissent à cette terrible catastrophe dans la prière et la solidarité.
 
Le Secours Catholique diocésain accueille tous les dons pour aider les populations dans cette épreuve et participer bientôt à la reconstruction.

+ Jean-Yves RIOCREUX

Questions liturgiques

Pourquoi aller à la messe le Dimanche ?

Nous ne devons pas oublier que la foi, c’est une relation vivante avec Dieu. Comme toute relation, elle se doit d’être nourrie régulièrement, autrement elle s’endort et même elle se sclérose.

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