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Rencontre et Témoignage


Nicolas entre Charly Rinaldo à gauche, directeur du CFA de St Jean Bosco, et Manès Civil professeur de soudure métallerie dans ce même établissement. 


 « Veux-tu être heureux ? Donne du bonheur. »
Cette belle pensée d’Antoine de Saint-Exupéry, Nicolas Albanel a décidé de la mettre en pratique. Après être passé pour aider, suite à Maria, le CFA Jean Belloc, le voilà en Haïti pour soutenir les jeunes du campus d’agronomie de Hinche, puis les filles de Léogane, à monter leur labo informatique. Rencontre.

1°) Cher Nicolas. dis-nous en deux mots qui tu es et où en es-tu dans tes études.
« Bonjour, je m'appelle Nicolas Albanel fils de Baudouin et Véronique Albanel ; j'ai 20 ans et suis en deuxième année à l'EPITECH (Ecole de l'Innovation et de l'Expertise Informatique) à Paris. Je suis le dernier d'une grande (et belle) famille de 6 enfants. »

2°) Ce sens du service que tu as, te vient de tes parents à n'en pas douter... parle-nous un peu de ta famille et explique nous l'engagement de tes parents aux côtés du Fr Francklin Armand.
« En effet, nos parents nous ont donné une éducation avec des valeurs catholiques très fortes. Les plus importantes étant le respect, le partage (le service), l'humilité et la simplicité. Depuis tout petit, et je remercie le Seigneur de m'avoir donné cette si belle qualité, j'ai toujours aimé plus que tout servir et donner aux autres. Par exemple à Noël, je préférais toujours donner que recevoir les cadeaux. C'est assez indescriptible, mais cela remplit mon cœur d'une grande joie. Mon Papa était pilote de chasse et ma Maman juge puis professeur de philosophie et de théologie.
Mes parents sont depuis près de 30 ans engagés auprès du Frère Francklin Armand et des Petits Frères et Sœurs de l'Incarnation. Pour pouvoir les aider, ils se sont investis dans une association l'AFU (Association Fraternité Universelle). Mon Papa, anciennement trésorier de l'association, en est maintenant le Vice-président, il travaille également au Secours Catholique. Ma Maman est actuellement présidente de JRS (Jesuite Refugee Service) une association qui accueille des réfugiés et les met dans des familles d'accueil temporairement. En effet, depuis dix ans nous accueillons des réfugiés chez nous, certains ne parlant même pas un mot de français. Cela a sûrement augmenté mon goût de servir mon prochain, en effet dès  10 ans j'apprenais le français à de nombreux réfugiés.
Frère Francklin Armand m'a vu grandir. A partir de mes 2 ans, il venait tous les 3 ans au moins passer quelques jours chez nous à Paris, j'en ai quelques souvenirs. Il a surtout appris à ma Maman une de ses chansons :《Jezi Granmet 》, elle me la chantait comme berceuse pour m'endormir le soir. Cela m'a beaucoup marqué et je suis très ému à chaque fois que je l'entends en Haïti aujourd’hui. Mes parents consacrent beaucoup de temps à l'AFU, cela leur tient vraiment à cœur car ils aiment profondément le Frère Armand, ce qu'il prône et soutiennent entièrement ce qu'il entreprend en Haïti. J'ai entendu toute mon enfance parler d'Haïti, de Frère Francklin, de son projet et de sa communauté. J’y suis aujourd’hui pour la première fois « en vrai » et c’est avec une grande émotion que j'ai pu voir cela de mes propres yeux. Mes deux sœurs et un de mes frères étaient déjà venus, aider en Haïti. »

Labo informatique installé dans le campus d’agronomie de Hinche


3°) Que ce soit au CFA Jean Belloc à Saint Jean Bosco en Guadeloupe, comme au Campus d'Agronomie à Hinche... tu t'es bien adapté. Parle nous un peu des liens que tu as tissés facilement dans les deux endroits avec les jeunes rencontrés et du travail qui t'a été demandé.
« L'adaptation est forcément facile quand l'accueil est à ce point gentil et fraternel.
Tout d'abord en Guadeloupe, je me suis très bien entendu avec Frère Joseph et Frère Ralph, vivant dans leur communauté des Petits Frères de l'Incarnation. Ils ont tout fait pour que je me sente le mieux possible et m'ont directement considéré comme leur Frère. Ensuite, je me suis très bien entendu avec les professeurs du CFA, surtout Mr Ferreboeuf et Mr Machares les professeurs gérant l'informatique du CFA, avec qui je travaillais tous les jours. Mon rôle a été dans un premier temps de mettre à jour (et d'informatiser) toutes les informations des élèves, puis j'ai créé les emplois du temps (Professeurs et Elèves), et enfin j'ai même pu programmer un peu pour embellir ces emplois du temps. J’ai eu un excellent contact avec les stagiaires que j’ai rencontrés (même si beaucoup étaient en période d’entreprise) et tous les formateurs du CFA que j’ai croisés. Notamment quand d’un commun accord ils se sont investis pour nettoyer et arranger les chambres du CFA pour l’accueil d’un groupe d’artisans sans frontières venu de France pour aider suite à Maria.
En Haïti, l'adaptation aurait pu être plus compliquée à cause de la langue mais que ce soit les frères ou les étudiants, ils sont tellement accueillants, spontanés et gentils que je me suis tout de suite senti à l'aise. De ce fait je me suis très bien entendu avec tout le monde. Mon travail était un peu plus compliqué ici, parce que je devais transmettre mes connaissances en informatique à des jeunes dont certains n'avaient jamais touché un ordinateur. Jour après jour, j'ai trouvé la bonne méthode en invitant les meilleurs à aider un groupe de 2 débutants. Ces derniers ont pu faire des progrès considérables. En ce moment, je suis en train de leur expliquer comment apprendre à apprendre. En effet, le concept de base de mon école est d'arriver à acquérir des connaissances par soi-même grâce à internet. Je ne reste pas si longtemps devant partir d'ici une à deux semaines pour aider les jeunes filles de Léogane en informatique également. Je souhaite que tous ces jeunes soient capable de se débrouiller par eux-mêmes et de continuer à progresser après mon départ.
J'ai pu me lier d'amitié avec de nombreux frères, postulants, jeunes avec qui je garderai sûrement contact après. Grâce aux Frères et surtout Frère Joseph, j'ai pu découvrir véritablement le sens de la Fraternité ! Que ce soit en Guadeloupe ou en Haïti avec les religieux et les autres, je me suis fait de vrais Frères pour la vie ! »

De droite à gauche : Fr Bernard, M. Piveteau qui prête un concours inestimable, Fr Francklin Armand, Fr Josué, M. Rinaldo, Sr Armelle et moi-même. 


4°) Tu dois rentrer en métropole le 20 décembre après trois mois de bons et loyaux services. Es-tu prêt à revenir pour prêter mains fortes de nouveau ?
«  C'est une expérience tellement enrichissante, j'ai pu découvrir d'autres cultures, d'autres manières de penser et de voir la vie. J'ai énormément apprécié mon voyage et je reviendrai le plus vite possible ! J'ai déjà pensé revenir (peut-être avec ma copine pour lui faire découvrir toutes ces belles choses) l'été prochain, si mes études me le permettent bien-sûr. »

5°) Quel idéal t'anime dans ta vie ?
« Mon idéal de vie, serait de vivre dans un monde où règnerait la paix, où l'humilité et la simplicité seraient « roi » et où des hommes comme Frère Francklin Armand seraient plus nombreux. Cela paraît un peu utopique, mais je prie tous les jours le Seigneur pour qu'on avance petit à petit dans un monde sans haine entre les hommes et les peuples, un monde où chacun serait respectés et tous égaux. Un monde dans lequel tout homme aurait sa place et où 《Aimer son prochain comme soi-même 》ne serait pas qu'une simple phrase dans la Bible mais une réalité…. Je lis beaucoup en Haïti : les livres de Fr Francklin « Paysan de Dieu », « Danser avec la vie », et aussi le livre du père dominicain Adrien Candiar « quand tu étais sous le figuier… propos intempestifs sur la vie chrétienne » … tous cela m'a permis de progresser dans ma foi et dans ma prière. Un Père Haïtien lors de son homélie dimanche, a dit une phrase qui m'a fortement marqué : «  L'humilité est un escalier que l'on monte en descendant » cette belle image s'inscrit parfaitement dans mon idéal. Ce même Prêtre a vivement critiqué, ensuite, ce qu'il a appelé : la Religion de l'argent. Malheureusement, je trouve qu'il a raison, dans notre monde l'argent est pour de nombreuses personnes un tel but, une telle obsession que cela en devient une religion. Pour finir, mon idéal de vie serait un monde vivant dans une fraternité aussi forte que celle présente chez les Petits Frères et Sœurs de l'Incarnation. Un monde avec une seule et véritable communauté, celle de l'humanité réellement fraternelle. »
Merci Nicolas pour ce si beau témoignage. Je te dédie cette magnifique pensée de l’abbé Pierre que tu incarnes tellement bien : « On n’est jamais aussi heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner, c’est recevoir. »
(propos recueillis par Jean-Marie Gauthier)

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