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Une Prix Nobel de Médecine à l’Université de Fouillole !

 Une Prix Nobel de Médecine à l’Université de Fouillole !
 
 A l’approche de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA  (le 1er décembre) :

C’est un événement rarissime – pour ne pas dire unique ! – qui s’est produit à l’Université des Antilles (Campus de Fouillole) au début de la semaine du 20 Novembre: la venue de Madame le Professeur Françoise BARRE-SINOUSSI, Lauréate 2008 du Prix NOBEL de Médecine pour sa découverte du VIH, le virus responsable du SIDA (Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise).
 

Recevoir un Prix Nobel est une distinction exceptionnelle : seule une dizaine de personnes sont ainsi honorées chaque année.  Qu’il s’agisse ensuite d’un ou d’une ressortissant(e) français(e), c’est encore moins fréquent ; prenez alors en particulier le Nobel de Médecine : vous en comptez seulement une dizaine depuis l’instauration du fameux prix en 1901 (soit un(e) français(e) tous les dix ans). Et pour finir, demandez les femmes et vous n’en avez qu’une seule : Mme Françoise BARRE-SINOUSSI, jusqu’à présent unique femme française à avoir obtenu le Prix NOBEL de Médecine ! Il y a de quoi avoir le vertige au moment de rencontrer cette grande dame…
 
Médecine et Militance
 
Le parcours de Mme BARRE-SINOUSSI est tout simplement exemplaire. Pur produit de la recherche scientifique française, elle a été amenée à se rendre pour un temps aux USA à l’occasion d’un stage de fin d’études, avant de rentrer travailler en France à l’institut Pasteur. Ses propres travaux ayant porté dès le début sur la rétrovirologie (étude des « rétrovirus » dont le VIH est un des plus connus), elle a été amenée, avec le Dr Luc MONTAGNIER, à découvrir le VIH au début de l’année 1983, époque où le SIDA commençait à toucher l’ensemble de la planète. Vingt-cinq ans plus tard, cette découverte lui vaudra le Prix NOBEL de Médecine en 2008, co-reçu avec le Dr MONTAGNIER.
 
Or si le Dr BARRE-SINOUSSI est avant tout biologiste et non clinicienne, elle a toujours perçu la recherche fondamentale, non pas seulement comme un but en soi destiné à produire de nouvelles connaissances scientifiques, mais bien comme un moyen d’améliorer la vie des êtres humains à travers l’élaboration de médicaments efficaces pour traiter les symptômes, voire même – on peut désormais en parler – guérir complètement l’infection causée par VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). Car les perspectives sont désormais assez encourageantes : les dernières recherches scientifiques laissent entrevoir la possibilité de parvenir à enrayer de manière définitive la pandémie du SIDA. Et c’est bien de cela que Mme BARRE-SINOUSSI est venu nous entretenir.
 
Programme riche et dense
 
Venue pour une escale de quelques jours en Guadeloupe avant de se rendre à Trinidad et Tobago pour une autre invitation, notre hôte a été accueillie à son arrivée par le Professeur Eustase JANKY, Président de l’Université des Antilles depuis janvier 2017. Elle s’est prêtée volontiers au programme chargé concocté par les organisateurs : visite de l’INRA à Petit-Bourg, visite des laboratoires de recherche locaux, puis de l’Université, rencontre avec les associations œuvrant pour la prise en charge et l’accompagnement des personnes séropositives, visite du CHU, « Master class » de Biologie à Fouillole, rencontre avec des collégiens et lycéens lors de la manifestation intitulée « OMNISCIENCES »… le tout en trois jours  seulement! Sans compter les deux conférences données à l’amphi MERAULT les lundi 20 et mardi 21 novembre, toutes deux d’une qualité remarquable.
 
La première, intitulée « VIH/SIDA, les défis du XXIème siècle », assez technique et pointue sur le plan scientifique, nous a dressé un état des lieux de la recherche depuis 20 ans, les tentatives, les échecs mais aussi les perspectives encourageantes avec le développement de nouveaux médicaments ciblant de nouveaux éléments qui composent ce virus ou dont celui-ci a besoin pour se propager.
 

Pour un monde sans SIDA
 
La deuxième, destinée au grand public, « Histoire d’un combat pour un monde sans SIDA », était plus accessible et nous a notamment retracé toutes les difficultés et les obstacles qu’il a fallu surmonter il y a maintenant plus de trente ans. Le combat était double : avant tout il fallait accompagner toutes ces personnes contaminées par le VIH  –  en particulier beaucoup de jeunes, qui mourraient rapidement et prématurément dans des conditions tragiques et une détresse immense. Et en même temps il fallait booster la recherche, manifester, militer et « secouer » les pouvoirs publics afin que ceux-ci prennent à bras le corps le problème de cette épidémie désastreuse, à la fois via les campagnes de prévention mais aussi via la recherche scientifique en vue de la création de traitements efficaces. Il aura fallu un peu plus de dix pour que les premiers Anti-RétroViraux (ARV) arrivent sur le marché et ouvrent une nouvelle ère, celle de l’espoir, celui de n’être plus « condamné à mort » mais de pouvoir continuer à vivre, avec certes beaucoup de contraintes mais aussi avec une qualité de vie qui n’a cessé de s’améliorer au cours des vingt dernières années.
 
Je me souviens d’un récit d’une de mes professeures de médecine à Bordeaux, qui nous racontait qu’à l’époque de l’apparition du VIH, elle et ceux de sa génération étaient internes, et qu’ils étaient confrontés tous les jours à des jeunes gens de leur âge hospitalisés au stade SIDA, et qui régulièrement mouraient dans les services de médecine du fait de l’absence de traitement. Et aujourd’hui, il y a dans le monde encore 1 million de personnes qui meurent chaque année du SIDA, faute d’avoir eu accès au traitement !
Mais celui-ci existe désormais et la plupart de ceux qui y ont accès et suivent le parcours de santé proposé, avec  rigueur et assiduité, finissent par « maîtriser » ou plus exactement contrôler cette infection, ce qui se vérifie avec le dosage régulier de la charge virale : lorsque celle-ci passe en dessous d’un certain seuil, elle est qualifiée d’indétectable, ce qui signifie que la maladie est contrôlée. Un dosage périodique de cette charge virale permet alors de vérifier la bonne observance du traitement et de détecter précocement toute réactivation du virus.
 
Aujourd’hui être séropositif n’est pas anodin, mais c’est loin d’être aussi contraignant et surtout stigmatisant que ça l’était avant. En effet, grâce à l’amélioration continue des traitements : en terme d’efficacité, en terme de tolérance surtout (avec une diminution et/ou une atténuation des effets indésirables associés aux traitements), et en terme également d’évolution des mentalités grâce à une connaissance de l’infection par le VIH désormais plus « diffusée »dans l’ensemble des couches de la société, on peut désormais vivre « presque aussi normalement » qu’une personne non infectée.
 
Cependant le combat est encore loin d’être gagné pour éradiquer le SIDA, et c’est pourquoi le Professeur BARRE-SINOUSSI nous a lancé un appel, portant sur 3 axes :
 
Ø  Soutenir la recherche biomédicale : notre Prix Nobel n’a cessé de le répéter : « la recherche est fon-da-men-tale ! On ne peut relâcher les efforts entrepris dans le domaine. » Car il en va non seulement d’une meilleure compréhension de ce virus pour lequel persistent encore bien des zones d’ombres concernant son mode d’action et de réplication ; mais aussi de l’élaboration de médicaments encore plus efficaces et peut-être à même de guérir définitivement l’infection ; et enfin de mieux comprendre d’autres maladies pour lesquelles des traitements n’existent pas toujours mais pour lesquelles les connaissances sur le VIH nous permettraient sans doute d’ouvrir là encore des nouvelles perspectives thérapeutiques.
 
Ø  Généraliser la proposition du dépistage de l’infection par le VIH : ce sont aux médecins généralistes et autres médecins de premier recours, de proposer facilement et quasi systématiquement le dépistage du VIH à travers la sérologie ; en effet, plus précoce est le diagnostic, meilleures sont les chances de contrôler rapidement l’infection et d’avoir beaucoup moins de contraintes et d’effets secondaires liés à la maladie et au traitement par la suite
 
Ø  Réaliser sa sérologie VIH chaque année : c’est ce que recommandent les autorités de la santé publique. Et cet examen est pris en charge à 100% par la sécurité sociale. « Si chacun prend l’initiative de se faire dépister, automatiquement le nombre de cas incidents diminuera, et avec cette diminution on entreverra le recul de cette épidémie » insiste le Dr BARRE-SINOUSSI
 

 

Le 1er Décembre 2017, c’est la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA !
 
Et en Guadeloupe, de nombreuses initiatives vont mobiliser les guadeloupéennes et guadeloupéens en faveur de cette prise de conscience, en particulier le groupe Chrétiens & SIDA autour du Père André DENECY, entre autres. Stands d’information et de sensibilisation, manifestations publiques, projections et débats animeront divers lieux de notre archipel – notamment au LEP de Blanchet (Gourbeyre) et au collège de Capesterre-Belle-Eau pour sensibiliser notre jeunesse en manque de repères à cet insidieux fléau qui les guette ! Le dimanche dans les paroisses, des jeunes seront invités à témoigner et à vulgariser le message par la distribution de flyers et de rubans rouges.
 
Il y aura également la reprogrammation du formidable film 120 battements par minute  chaudement salué par Mme Françoise BARRE-SINOUSSI qui nous a invités instamment à le visionner !
 Deux séances sont prévues :
Ø  Vendredi 1er Décembre à 18h30 au ciné-théâtre du Lamentin : projection en présence d’un des acteurs
Ø  Samedi 2 Décembre à 18h30 au CinéStar des Abymes : projection également en présence d’un acteur

 
  
Mobilisons – nous ! ANSANM NOU KA LITÉ, ANSAMN NOU KÉGANGNÉ !
  
Kolbe GAUTHIER, médecin généraliste en fin d’internat

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