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Décès du Père Serge CYRILLE


Père Serge Cyrille (1943-2018)

Photo du 1er avril 2018 jour de Pâques (il y a tout juste 1 mois!)
 

 21 Octobre 1943, naissance à Pointe-à-Pitre d’une famille de quatre enfants
Formation au séminaire Saint Cyprien de Toulouse
5 Juillet 1970 Ordination sacerdotale à la cathédrale de Basse-Terre
1970-1973 Vicaire à Trois Rivières
1973-1982 Vicaire au Sacré-Cœur de Pointe à Pitre
1982-2000 Curé de la paroisse Saint Louis à Gosier
2000-2010 Curé à St Pierre et St Paul de Pointe-à-Pitre
2010-2018  Curé  de Saint François
Janvier 2013 - août 2016 Vicaire général du diocèse
Lundi 30 Avril décès au presbytère de Saint François


Revoir le Père Cyrille mener une chorale en 2015!

 

Témoignage 1 lu à l'enterrement le 3 mai par Gisèle Acomat de St François :
Père Cyrille, Padre, notre cyber curé, nous a quittés !
Tous ses paroissiens de Trois Rivières, du Sacré-Cœur, du Gosier, de St Pierre et St Paul, de Saint-François et ceux qui l’ont côtoyé pendant son vicariat à Basse Terre éprouvent une immense peine.
Aujourd’hui, nous sommes tous réunis pour l’accompagner, lui qui est parvenu au terme de son voyage. Il a atteint l’autre rive où l’attendaient tous ceux et celles qu’il a aimés,  et qui l’ont précédé auprès de Celui qui est notre Chemin, notre Vérité, notre Vie.
Nous qui avons eu le privilège et l’immense bonheur de le connaître et de partager des moments de vie avec lui en paroisse, 18 ans pour les uns, 11 ans, 10 ans, 8 ans pour d’autres ;  nous sommes réunis également parce que nous partageons sa foi, parce que nous partageons sa profonde espérance, sa profonde certitude que de l’autre côté de la porte, dans la Maison du Père, un amour l’attend, un amour qui le plonge tout entier dans sa joie et sa lumière.
Les nombreux hommages et témoignages convergent de toute la Guadeloupe pour souligner avec une vive émotion les qualités du Père Cyrille : une vie remplie de bon et fidèle serviteur, une vie de prêtre entièrement dévoué à Dieu, un prêtre au cœur droit et bon, généreux, un fervent défenseur de l’Eglise catholique, un homme simple et profondément humain.
Certains diront que Padre était réputé pour son franc parlé;   mais nous nous souviendrons d’un amoureux de l’Evangile, d’un passionné de liturgie et de chant. Son amour du beau,  son sens de l’organisation lui a permis de construire, de créer ou de redonner vie à des chorales,  à des groupes de servants d’autel, à des groupes bibliques. Son goût des choses bien faites pouvait parfois le rendre tatillon…voire sévère, mais  il savait revenir sur une décision qu’il croyait trop hâtive, demander pardon, car il avait compris que seul l’Amour donne sens à ce que nous faisons, à ce que nous vivons.
Familier des réseaux sociaux, Père Cyrille offrait à sa paroisse virtuelle du « Verbe incarné »  des pages que nous étions nombreux  à  attendre  chaque semaine et  il ne manquait pas de faire partager à ses proches sur Watsapp  prières, chants, blagues qu’il avait appréciés.
  
Samedi 28, nous avons reçu ce beau message du père via whatsapp dont je vous livre quelques extraits :
Chaque jour que nous avons sur cette terre, est un trésor que nous nous devons d'honorer. C’est parce qu'un jour, des personnes qui nous entourent partiront, que nous nous devons de leur donner le meilleur de nous tant qu'elles sont là… Donnez  le meilleur de vous, ne vous offusquez pas pour des futilités, ne râlez pas pour rien, soyez bon, généreux, et ouvert  d'esprit.                                                                                                                            
Un drame nous arrivera tous, un jour ou l'autre, on a toujours tendance à se dire qu'il nous reste du temps,  mais ce n’est malheureusement pas toujours vrai. Ignorer ce constat c’est se mettre en difficulté tout seul.  En prendre conscience en amont, dès aujourd’hui,  faire des actions pour chérir nos proches, c'est juste un acte responsable. Il ne devrait pas y avoir d'autres priorités que d'aimer ses proches. Chaque problème rencontré devrait être une opportunité pour grandir, un challenge pour devenir quelqu'un de meilleur …
C'est parce qu'il y a une fin à nos vies que le moment présent a tant de valeur ! C'est parce que la mort est là, que notre temps est si précieux. C'est parce que nos proches partiront un jour que nous devons chérir chaque instant avec eux.
N'ayez pas peur de la mort.  Ayez surtout peur de ne pas vivre !  Apprenez à vivre des choses qui ont du sens pour vous.  Apprenez à vivre des expériences inoubliables savourez chaque instant comme si c'était le dernier !
Padre, votre départ est le début d’une nouvelle vie dans un monde…meilleur  nous l’espérons. Un monde fait d’amour et de bonheur… Reposez en paix. La vie ne dure qu’un instant, notre amour est éternel. Nous ne vous oublierons pas.
Gisèle ACOMAT, paroissienne de Saint-François




Les 3 derniers curés, avant Père Silène. Le plus jeune est partie le 1er!

Témoignage émouvant des Servants d’Autel de Saint-François, lu à la veillée:
Padre, tu t’en es allé… Qui l’aurait cru ?
Ton départ brutal, nous paralyse, nous déconcerte, nous sommes comme perdu…
Pourtant, avec du recul, nous réalisons que tu as voulu nous préparer en douceur à cheminer, même si tu n’es plus physiquement à nos côtés.
 
En père aimant, doux, dévoué, élégant tu as laissé un héritage à chacun, personnellement.
Tu as su faire ta place dans nos vies, dans nos cœurs, jusqu’à nous bousculer, nous perturber, pour que nous arrivions à faire ressortir le meilleur de nous, comme si tu voyais au plus profond de notre âme, ce qui sommeillait et qui ne demandait qu’à faire surface.
 
Ton maître mot « AMOUR ».
OUI, par Amour, tu nous as accepté, avec nos faiblesses, nos maladresses, nos mauvais caractères….
Quand tu entrais dans nos vies, on le sentait et on le savait, c’était inexplicable… Tu nous obligeais à changer notre cœur, et en dépit de tout, tu as su nous aider à grandir
 
A n’importe quelle heure, quel que soit nos soucis, nous pouvions compter sur ta disponibilité, tu savais nous rassurer, nous réconforter par ta présence, tes mots, et c'est ainsi que tu as transformé un bon nombre d’entre nous.
Tu nous as enseigné l’amour du travail soigné et bien fait, et ton perfectionnisme nous valait des répétitions sans fin.
A chaque réunion, tu nous rappelais l’importance de notre engagement et le sens de nos responsabilités au sein de la communauté.
 
Tu étais surtout un bon vivant….
Tu ne montrais jamais de signes de fatigue, tu avais toujours le sourire et une petite blague pour nous rebouster.
Nous nous rappelons des moments de joie que nous avons passés ensemble lors des différentes sorties ou tu avais le rôle de « papa poule ».
Comme nous, tu savais t’amuser, quitter la posture d’adulte sérieux pour n’être tout simplement qu’un enfant, un enfant de Dieu.
  
Tu nous as appris à aimer, à nous respecter et à savoir nous écouter les uns les autres.
Nous n'oublierons pas  « qu’il y a un temps pour chaque chose », un temps pour l’amusement, un temps pour être sérieux.
  
Nous, «ta couronne de servants », comme tu aimais si bien à nous le rappeler formons une famille unie, aujourd’hui encore plus, pour te rendre hommage.
Nous avons tous la volonté de continuer à faire fructifier l’héritage que tu nous as légué : l'AMOUR  - la PERSEVERANCE – le RESPECT – l'HUMILITE 
 
Tu ne seras jamais loin de nous, car tu as pris une place indélébile dans notre cœur et dans notre vie.
 
Nous te disons au revoir Padre et merci pour tout !

 




Témoignages des jeunes de la Chorale Stella Maris de St François
Padre,
C’est avec une grande tristesse et une profonde douleur que nous les enfants de la Chorale Stella Maris avons appris ton décès.
Les mots nous manquent ce soir pour exprimer le chagrin et la tristesse que ressent notre cœur à cet instant.
 
Nous sommes réunis en tant que frères et sœurs autour de toi.
Nous souhaitons te dire merci, merci de nous avoir guidés durant  toutes ces années.
Merci de nous avoir permis de grandir à travers l’église, de nous avoir montré ce qu’était le vrai amour de Dieu.
Padre comme nous aimions t’appeler, merci plus encore 
pour la douceur de ta voix qui s’est mêlée tant de fois à la notre, pour tous ces mots réconfortants, encourageants, qui nous ont permis de découvrir Dieu mais aussi découvrir la beauté et la joie de chanter, de servir.

Ta présence nous a apporté TANT DE JOIE !
 Merci pour la douceur de ton regard, plein de tendresse, de compassion et d’amour.
Merci pour ces petites attentions de père.
Nous nous rappelons de toutes ces fois où tu sortais de chez toi pour venir écouter nos répétitions et t’inviter à chanter les couplets de certains chants que tu aimais surtout les cantiques dédiés à Marie.
 Grâce à toi les bourgeons que nous étions ont pu fleurir et s’épanouir dans la foi.
Tu nous as accompagnés et nous as donné goût à la foi.
Tu nous as encouragés en tant que jeune à nous affirmer et à faire de l’église la notre.
C’est grâce à toi que nous avons l’envie de nous réunir pour partager le message d’amour et de joie de Dieu.
Dieu a donné,  Dieu a repris.
Nous rendons grâce à Dieu de t’avoir mis sur notre route.
Que ton âme repose en paix.
Tu vas nous manquer
Nous te confions à notre maman du ciel que tu as tant prié.
Nous t’aimons Padre
Nous ne t’oublierons jamais.
Bon voyage


Le 2 mai lors de la Veillée au Hall des sport de Gosier, la foule se presse et entoure le cercueil avant la fermeture


"L'amicale des anciens enfants de choeur du Gosier " (les fils du père Cyrille durant 18ans), ont animé cette veillée et témoigner du comment le père les a mis chacun sur le chemin pour devenir des hommes solides, aimants et responsables

 


Peinture faite par un de ses fils suite au décès du père

Témoignage  et le texte retrouvé affiché dans son bureau privé.

Père Serge Cyrille louait la vertu du silence. Ses amis le savaient bien et lisaient entre les lignes. 

Mais il savait aussi utiliser les bons mots dans ses homélies pour nous réveiller de nos tiédeurs; de ses mots et de ses regards pour consoler, orienter, donner confiance. Les nombreux jeunes qui furent ses servants d'autel, conquis par sa main de fer et son regard de velour, et surtout sa tendresse facétieuse, sont nombreux à  pouvoir témoigner : St Francois où une trentaine d’enfant se sont inscrit après l'arrivée de Padre. Auparavant St Pierre et St Paul, sans oublier Gosier où il a créé l’amicale des anciens enfants de chœur il y a plus de 20 ans ! Ces jeunes devenus des pères de famille sont toujours ses fils!.
Tous, et moi la première, perdons un prêtre qui a donné sa vie pour l’Eglise et a conquis nos cœurs à celui du Christ. Certes il avait un caractère entier, mais il avait aussi un cœur énorme, une grande sensibilité décuplée ses derniers mois, et un humour rare.  Chacun un jour, sortant de la messe célébrée par Père Cyrille, se sent non seulement nourris mais aussi sereins et joyeux ! Les touristes nombreux à saint François, en savent quelque chose et font une pub en métropole sur ce petit curé, dynamique et cette paroisse si accueillante. Personnellement Padre, ce sont vos sourires et ces éclats de rires, vous rendant tout rouge, que vous aviez comme les tous jeunes enfants qui me marquaient. Cela vous donnait une jeunesse et une fraicheur divine. Et comme vous aimiez taquiner et raconter des blagues, vos amis étaient gatés et charmés!!! (exemple en photos)

  

" Tout est dans la main de DIEU, nos joies et nos peines. A nous de vivre intensément dans la confiance. "
Père Serge Cyrille (Avril 18 à des amis)

 

Padre Serge, je suis désolée pour toutes ces fautes d’orthographes que vous auriez corrigées en changeant même une phrase ou deux, comme dans tous les articles postés  pour St François ou au temps où vous étiez Vicaire Général.
Je me souviens d'une phrase, d'un conseil que vous aimiez donner lorsque l'on doutait de nous : "Fleuris là où tu es planté", pour nous dire que c'est maintenant et ici que nous devons aimer dans notre quotidien.
Padre vous nous manquez déjà tant. Je prie pour vous et vous, veillez sur nous. Mais surtout cher Padre : MERCI MERCI MERCI !!!

Laetitia Penava (gestionnaire du site) 1er mai 2018
 

"Merci
Il y a des mots qui sont jolis remplis de poésie, D’autres qui sont polis empreints de nostalgie.
Quelquefois, ils sont amusants ou encore émouvants, mais les mots sont toujours apaisants même si des fois, ils sont troublants.
Parfois les mots hésitent, se bousculent et nous font bégayer car ils sont troublées, gênés d’être mal compris.
Alors les mots se font discrets, parfois se taisent…
Mais il y a un mot que l‘on oublie trop facilement, et pourtant c’est un mot tout puissant quand on l’exprime tout simplement…. MERCI"

Le 4 février 18, jour de de la confirmation. Le père Cyrille entrainait la foule à chanter, avec JOIE!


Témoignage sur Padre de Paul.S de St Francois le 1er mai
(Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile)
  
En 2010, j’ai eu le privilège d’accueillir le père Serge CYRILLE sur la paroisse de Saint-François  alors qu’il débarquait tout juste de sa voiture chargée de ses effets personnels en provenance de Saint-Pierre et Saint-Paul.  À peine lui avais-je souhaité la bienvenue qu’il me lança un « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ». A l’exemple de Saint-Paul, Évangéliser était pour lui une urgence et une nécessité. Il n’y avait pas de temps à perdre.  Là, sur ce parking  du presbytère,  alors qu’il venait d’arriver, le ton était donné…
 
Durant ces huit années passées à ses côtés, nous avons été éclairés et nourris par ses enseignements  qui prenaient leurs sources dans la parole de Dieu, mais qu’il savait  replacer dans notre vie quotidienne. Il aimait à dire que la parole de Dieu était toujours d’une grande actualité et qu’il fallait y retourner le plus souvent possible. Il avait un franc parlé et ses sermons ne laissaient jamais  indifférents. Il avait compris l’importance des moyens de communication modernes pour toucher toujours plus de fidèles. Il n’hésitait pas à utiliser le courrier électronique,  Whatsapp ainsi que le site du diocèse. D’ailleurs il avait créé sa cybercommunauté du « Verbe Incarné » qui regroupait de nombreux paroissiens de France et de Navarre.
 
Il avait le souci du détail. Il appréciait les liturgies belles et soignées qui ne devaient souffrir d’aucune improvisation (si ce n’est lors de sonneries intempestives de portables dont les malheureux propriétaires se faisaient gentiment remonter les bretelles). Lors des  célébrations,  la rigueur était de mise. Rien ne lui échappait, c’est ainsi qu’une évaluation de ces célébrations était faite lors des conseils paroissiaux pour nous permettre de nous améliorer et ainsi aller toujours plus loin. Il aimait par-dessus tout,  tel un berger, rassembler ses brebis et célébrer la messe. Il savourait particulièrement  le recueillement et le silence de l’assemblée. Il nous parlait souvent des vertus du silence dont il aimait faire des cures à l’occasion  de ses séjours dans les monastères. Il avait compris que le langage humain parvient peu à exprimer à Dieu les profondeurs de nous-mêmes et que se tenir près du Christ dans ce dépouillement, c’est déjà prier. Dieu comprend nos silences…
 
Il aimait sa mission,  il aimait l’Église, ceux et celles qui lui étaient confiés,  les touristes de passage signes de l’universalité de l’Église qu’il taquinait avec ses conseils sur le bronzage. Mais il avait surtout une affection particulière pour ses servants d’autel, car disait-il : notre jeunesse souffre terriblement et à besoin de repères. Il y a urgence à leur venir en aide. 
 
Cher Padre, ces derniers mois de souffrances physiques et morales ont été pour toi un véritable chemin de croix. Mais grâce aux  soins qui t’étaient prodigués,  aux prières de tous les fidèles, mais aussi grâce à ta volonté  tu semblais remonter la pente.  Mais le Seigneur dans sa grande sagesse t’a rappelé auprès de lui pour t’accueillir, comme dans la parabole de l’enfant prodigue, les bras grands ouverts afin de te serrer tout contre son cœur.
 
Adieu Padre et  Merci.
                                              


 
Ses voeux lors de la nouvelle année!!
 

"La Mort apprivoisée" de Denis Luissier. Superbe texte sur la mort lu par Paul lors de la Veillée :
La lente mort des choses me parle discrètement de la mienne. J'y pense. J'y pense sans trop d'effroi. Mourir, c'est aussi naturel que vivre. Je voudrais même que ma mort soit aussi joyeuse que le fut ma vie. Pourquoi pas, après tout? Comme disait Michel Audiard : " La mort, on est fait pour ça ! " Une naissance, c'est une condamnation à mort. Le temps de vivre n'est qu'un sursis. On meurt un peu chaque jour, assassiné par la vie et " chaque instant de la vie est un pas vers la mort."

Toutes les heures blessent, la dernière tue.

Mais faut-il vivre triste pour ça? Au contraire, c'est justement parce que la vie est brève qu'il faut la goûter au maximum et à l'optimum. Il faut prendre la mort par le bon bout, c'est tout. Moi, j'y pense. Je ne pense pas qu'à elle, mais j'y pense. J'ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie; je sais que je suis sur l'autre versant des cimes et que j'ai plus de passé que d'avenir. Alors j'ai sagement apprivoisé l'idée de ma mort. Je l'ai domestiquée et j'en ai fait ma compagne si quotidienne qu'elle ne m’effraie plus, ou presque. Au contraire, elle va jusqu'à m'inspirer des pensées de joie. On dirait que la mort m'apprend à vivre. Si bien que j'en suis venu à penser que la vraie mort, ce n'est pas mourir, c'est perdre sa raison de vivre. Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l'autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre. Pas avant. Mourir, c'est savoir, enfin !

Car la mort n'est que la porte noire qui s'ouvre sur la lumière. La tombe est un berceau. Mourir au monde, c'est naître à l'éternité. C'est passer du monde des ombres qu'est notre séjour terrestre à celui des réalités. Un comédien a dit : " La mort, ce n'est pas si tragique que ça : ce n'est que le premier rideau. Après, il y a le deuxième acte ". Chaque mortel qui finit est un immortel qui commence.

Mais pour envisager la mort avec sérénité, il faut croire à quelque chose après. Tout est là. Ou, à tout le moins, espérer quelque chose. Car la mort n'a pas de sens si tout finit avec elle. Ça serait trop bête. On n'existe pas pour rien, ça me paraît absurde. Et l'absurde n'existe pas ailleurs que dans nos petites têtes trop faibles pour comprendre. Il n'y a pas d'être sans raison d'être, ça c'est certain. Voltaire lui-même ne pouvait pas voir une horloge sans penser à l'horloger. On peut ne pas avoir la foi - parce que c'est un mystère -, mais on ne peut pas ne pas avoir l'espérance.
Sans l'espérance, non seulement la mort n'a plus de sens, mais la vie non plus n' en a pas.
La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort, c'est Victor Hugo qui l'a écrite. C'est un admirable chant d'espérance en même temps qu'un poème d'immortalité.

" Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme
Ouvre le firmament,
Et que ce qu'ici bas nous prenons pour le terme
Est le commencement."

 
P.S. Doris Lussier, québécois, était un avocat, devenu comédien et humoriste. Il était aussi un poète et un philosophe très apprécié. Il est mort en 1993.



Pâques 2017, le père Serge Cyrille, un amoureux de l'eucharistie

Message du Père Michel Dagras

Je partage de tout coeur votre peine, celle des confrères et des amis de Serge. Il fut séminariste er ordonné au temps où le partageais la responsabilité de la formation des futurs prêtres au Grand Séminaire de Toulouse. Depuis j'ai toujours apprécié son accueil et son amitié. Surtout au cours de rencontres, de sessions et de retraites animées dans votre diocèse. J'appréciais beaucoup son écoute et son dévouement, sa délicatesse, son sérieux et son goût pour la belle liturgie. Dans les épreuves il "tenait", fidèle et courageux. L'épreuve n'avait pas longtemps prise sur sa joie de  vivre. Je  'ojblierai pas son au revoir lors de mon cepart de la Guadeloupe apres les cinq annees que j'ai eu la joie d'y passer. "Kimbé !" me lançait-il avec son bon sourire. Le souhait reste très actuel.
Veuillez transmettre aussi un  bonjour très fraternel au P.Cabo. Il doit être très affecté pas le décès de Serge.
Bien fraternellement à vous et aux confrères qui vous entourent, en profonde union de prière

Son homélie de Noël 2017. Cliquez sur la flêche centrale
 

Dernier témoignage lors des funérailles par Freddy Martial de l'Amical du Gosier :
Frères et sœurs, pourquoi pleurons-nous ? Pourquoi laissons-nous cette impression ineffable de vide s’emparer de notre corps tout entier ?
 Il ne l’aurait pas voulu et Dieu ne le veut pas non plus.
De tout temps, le Seigneur a envoyé des hommes de lumière sur terre  pour éclairer et conduire son peuple.
Oui, frères et sœurs, c’est Dieu, lui-même qui  choisit ses « bâtisseurs de cathédrale », c’est Dieu lui-même qui choisit les « bergers de son peuple », c’est Dieu lui-même qui  choisit ses « faiseurs d’hommes ».
Et Dieu qui aime la Guadeloupe nous avait choisi le père Cyrille.
 Le père Cyrille était un « don de Dieu ».
 Abouna était un de ces hommes de lumière.
Et son œuvre, tout aussi généreuse et éclatante doit nous aider à laisser percer le jour dans nos cœurs enténébrés, à laisser éclore la lumière dans nos âmes endeuillées.
Alors, nous pourrons prendre conscience de cet honneur, de cette grâce, de ce privilège que Dieu nous a accordé. Oui, frères et sœurs, nous l’avons vu, entendu, il a fait un bout de chemin avec nous, il a fait partie de nos vies tout au long de ces années.

Et l’Amicale des enfants de chœur du Gosier en témoigne, céans.
1er Sept. 1982, tu arrives au Gosier, à l’âge de 39 ans et tu y resteras 18 ans.
La jeunesse Saint Louis, les enfants de chœur, les scouts,….et d’autres, tous, nous avons, tous, et chacun reçu ce bon fumier spirituel qui a fait de nous des femmes et des hommes éclairés et porteur de Foi.
Ta maison était notre maison, ta famille était notre famille. Nous y fêtions nos anniversaires, nous nous y retrouvions pour des goûters, des soirées cinéma. Nous connaissons chaque rivière, chaque sentier de ce pays que tu nous as fait découvrir mais surtout appris à aimer et à respecter.
…….Que de bons moments passés ensemble, que de fous rires, que de bonheur dans la vie d’un enfant.
Tu as écrit, avec nous, les belles et moins belles pages de notre vie. Tu as célébré nos mariages, baptisé nos enfants mais aussi porté en terre quelques-uns de nos frères et inhumé nos mères. Chaque moment de notre vie résonne de ta présence humaine et spirituelle.
Tu n’as pas eu d’enfant, nous étions tous tes enfants et les valeurs que tu nous as léguées, l’exigence, la ponctualité, la précision, le sérieux, la fraternité, la bienveillance, l’altruisme, l’amour de la nature sont les points d’ancrage de notre vie, aujourd’hui.

Cessons de pleurer le « bon berger », il s’en est allé, mais sa sève continue à couler en chacun de nous.
Nous allions, à lui, comme on va boire à une source que l’on croyait intarissable. Il était le réceptacle de nos joies mais aussi de nos colères et de nos frustrations. La source s’est tarie brutalement dans une solitude qui tranche avec la foule qui se bouscule aujourd’hui, dans cette église.
« Si le grain de blé tombé en terre, ne meurt pas il reste seul ; mais s’il meurt, il, porte beaucoup de fruits » Jean 12, 24
Abouna a planté cette graine d’amour dans le cœur de chacun d’entre nous, ici présent et dans toute la Guadeloupe. Oui, nous avons perdu un grand Guadeloupéen mais on peut poursuivre son œuvre et continuer à semer.
 l’Amicale des enfants de chœur du Gosier, pour sa part, prendra ses responsabilités.
Oui Abouna, tes héritiers reviendront boire à la source, nous retournerons à la corne d’abondance, nous nous retrousserons les manches et nous porterons aussi, notre pierre à cet édifice spirituel que tu as commencé.
                                                                                                          Freddy MARTIAL




Témoignage du 9 mai 2018 :
TÉMOIGNAGE D’UNE EXPÉRIENCE LUMINEUSE

 Mon époux et moi, sommes membres de l’équipe d’animation liturgique du Cénacle (Renouveau charismatique du Moule). Un dimanche par mois, nous assurons une animation liturgique communautaire à la clinique Les Eaux Marines (Port-Land, Le Moule) pour les malades et résidents valides, mais ouverte à tous ; puis nous portons la communion dans leur chambre,  à ceux qui sont alités. Par 2 fois, nous avons porté la communion au Père Cyrille durant son séjour : le dimanche après son opération, puis 1 mois plus tard.                            .                                                    Á la première visite (11 février !), des 4 membres de notre équipe, nous fûmes les 2 à accepter de rester à distance,  par sécurité pour notre opéré,  et à la demande de l’infirmière. En effet, non seulement c’était notre première mission, mais surtout,  la situation m’impressionnait vraiment : Quelle inversion de rôle ! Le prêtre de Jésus Christ, votre curé, habituellement debout à l’autel, consacrant le pain et le vin, et par qui Jésus Christ vient à vous,  est là,  allongé sur un lit, humblement en attente du Saint Sacrement ! Et vous,  humble quelconque,  c’est vous qui l’accompagnez dans sa préparation et son action de grâces, qui lui donnez à manger le Corps du Christ ! Il me fallait un temps pour intérioriser  cette réalité. Le plus déconcertant de tout cela, c’était l’extrême aisance simple et paisible du Père Cyrille, habité par un lumineux sourire ! C’est lui qui, le premier vous embrasse, vous accueille affectueusement  et  prend de vos nouvelles!
La 2ème fois, nous étions 2 : une sœur de la paroisse St Jean-Baptiste et moi même. Ce fut alors La RENCONTRE, un Temps de Communion, en Église, UN TEMPS DE GRÂCE ! Le Seigneur entretemps m’avait éclairée, et permis de cheminer  en esprit. Quand nous sommes arrivées  près du Père Cyrille,  j’avais déjà compris que nous étions tous, d’humbles serviteurs, chacun à son humble place. Nous 2, servantes quelconques, étions là pour permettre au Seigneur des Seigneurs d’arriver à ses heureux invités à qui il se donne à manger. Émues tout de même, nous avons assumé toutes les étapes de la communion au lit du malade : Accueil, purification, Communion, méditation, action de grâce, exhortation et envoi. Á cette dernière étape, nous lui avons remis la très belle méditation du 4ème mystère douloureux, “ Le portement de la Croix ”, du Père James Mandjackal, et un petit  pain de la Parole ” pour la route(tradition du Renouveau Charismatique).  Á  son exemple, lui qui agrémentait toujours ses propos d’un zeste d’humour, après lui avoir demandé s’il avait connaissance d’une certaine paroisse St François d’Assise en Guadeloupe, je lui ai remis notre feuille paroissiale de ce dimanche. Manifestement, il avait apprécié la boutade, vu sa réaction !                                                                                                                                                                                                                                                                   
Il  fallait prendre congé. Les autres malades attendaient. Après les embrassades, le Père Cyrille tout rayonnant,  nous a enveloppées de son regard et de son sourire lumineux, et sur un ton appuyé  il nous a dit : « Merci ! Bonne Mission » ! Nous avons quitté la chambre, le cœur rempli, et comme emportées par un vent  d’élan missionnaire.                              .                                      Ce fut  ma dernière rencontre de véritable proximité avec lui.
                                     TÉSOR Ginetta. Paroisse de Saint François/Doyenné du Moule

Questions liturgiques

Origine de l'Avent et qu'est ce qu'une "année liturgique"?

Le mot "Advent" qui dérive du latin adventus, signifie "venue, avènement". Le temps de l’Avent n’est pas une période d’attente et d’expectative, mais plutôt comme le temps même de la venue et de la manifestation du Seigneur, avec une insistance sur le caractère glorieux de cette "épiphanie". Lire la suite...