Actualités - Dans le diocèse

Décès du Père Yves DEAT


Père  Yves Déat

 

4 Janvier 1930 naissance à Saint-Etienne
1950 militaire dans l’aviation au Maroc, Texas (USA) et Mont-de-Marsan
1958 Séminariste à Bayonne
29 Juin 1963 ordination sacerdotale pour le diocèse d’Aire et Dax
1963-1965  Vicaire à la paroisse de la Madeleine Mont-de-Marsan
1965 Vicaire à Basse-Terre
1970-1997 Curé de la Cathédrale ND de Guadeloupe à Basse-Terre
1997- 2007 Curé de Petit-Bourg
2007  En retraite à Basse-Terre
Jeudi 2 Mars à 20 H décès à Basse-Terre
 



50 ANS DE SACERDOCE DU PERE YVES DEAT
 
Le Père Yves DEAT est né en 1930 à Saint-Etienne, chef-lieu du département de la Loire. Quelques années après sa naissance, son père, officier militaire basé à l’aéroport de Bron (Lyon), est affecté à Toulouse pour y monter la base militaire aérienne de Francazal. Alors qu’il est âgé de 5 ans, survient un événement douloureux, le décès de sa mère. Son père demande alors à ses parents de quitter leur Auvergne natale pour venir vivre avec lui et son fils, à Toulouse. La vie de prière menée par ses grands parents (récitation quotidienne du chapelet, messe dominicale, …) fait découvrir au jeune Yves la pratique vivante de la foi. La paroisse des Minimes, à Toulouse, fréquentée par la famille, est animée par un vicaire et une équipe de laïcs qui savent rendre la liturgie vivante et attrayante. Yves effectue souvent des retraites à l’Abbaye Sainte Marie du Désert, tenue par les Trappistes, à 30 kms de Toulouse. Il y découvre la spiritualité de Saint-Bernard qui le marquera profondément, tout comme celle des carmes (St Jean de La Croix, Ste Thérèse d’Avila et Ste Thérèse de l’Enfant Jésus). Une autre sainte figure l’inspire : celle de Blaise Marmoiton, frère mariste originaire de Isaac-la-Tourette (Puy-de-Dôme), village des grands parents de Yves, et mort martyr le 19 juillet 1847 à Balade, en Nouvelle Calédonie.
 
Vivant à Toulouse, berceau de l’aviation, le jeune Yves décide de devenir aviateur et part en 1950, au Maroc, dans une école de pilotage. C’est de son séjour au Maroc qu’il gardera une grande dévotion pour Saint Antoine de Padoue (1195-1231) qui, jeune prêtre portugais, fut bouleversé par le témoignage des franciscains portugais morts martyrs au Maroc en 1220 et décida d’y partir en mission en 1221.
 
Après deux ans passés au Maroc, il part pour la base aérienne de San Antonio, au Texas, pour y suivre une formation de pilote de chasse. Deux ans après, il revient en France où il est affecté à la base aérienne militaire de Mont-de-Marsan, dans les Landes. Là, il rencontre le Père Michel Jusan, aumônier militaire qui, pour la première fois, évoque avec lui la possibilité du sacerdoce. Yves Déat répond favorablement et entre au grand séminaire de Bayonne. Il fait alors la connaissance du Père Sarrabère, aumônier de l’Action Catholique, qui le forme à l’Action Catholique. Le Père Sarrabère deviendra évêque d’Aire et Dax en 1975. Au séminaire de Mont-de-Marsan, Yves Déat fera l’expérience d’une belle camaraderie entre les séminaristes, que leur foi réunissait au-delà de leurs origines très diverses (Landes, Pays Basque, Béarn, Hautes Pyrhénées, …). Le 29 juin 1963, jour de la fête de Saint Pierre et Saint Paul, trente jeunes séminaristes, dont Yves, sont ordonnés prêtres par Mgr Paul-Joseph-Marie Gouyon, évêque de Bayonne. Mgr Bezac, évêque de Aine et Dax, qui aurait dû lui conférer le sacrement de l’ordination, n’a pu le faire, immobilisé à la suite d’un accident de voiture.
 
Le jeune Père Déat devient vicaire d’une paroisse de Mont-de-Marsan puis, peu de temps après, arrive en Guadeloupe comme prêtre Fidei Donum, l’évêque de Aine et Dax, Mgr Bezac, ayant répondu à la demande de Mgr Gay, évêque de Guadeloupe, de recevoir des prêtres pour le seconder. Le Père Déat sera vicaire de la cathédrale de Basse-Terre, puis en deviendra le curé, quand le Père Oualli deviendra évêque de la Guadeloupe. Il aura en même temps la charge des secteurs de Bologne, Rivière des Pères et Bas-du-Bourg, où à partir de 1967, il supervisera les travaux de la construction de la chapelle Saint Thérèse.
 
Quelques années avant sa retraite, il sera nommé curé de Petit-Bourg où il restera 3 ans. Il demandera alors à Mgr Cabo d’être admis à la retraite. L’évêque acceptera sa demande et lui proposera de devenir aumônier des Sœurs Saint-Joseph de Cluny, au Pensionnat de Versailles.
 
Revenant sur ses cinquante années de prêtre, le Père Déat cite les fidélités qui lui ont permis d’aimer et d’honorer sa vie de prêtre : la fidélité à la prière (la récitation quotidienne du chapelet et celle du bréviaire, quatre fois par jour) et aux sacrements, la fidélité aux enseignements reçus au séminaire (la Bible, les Pères de l’Eglise, …) et enfin la fidélité à son évêque. Tous les évêques de Guadeloupe qu’il a eu la joie de servir (Mgr Gay, Mgr Oualli, Mgr de Milleville, Mgr Cabo, Mgr Hammot et aujourd’hui Mgr Riocreux) ont eux-mêmes toujours eu le souci d’être fidèles aux enseignements de Vatican II, dont en particulier la participation des laïcs à la vie de l’Eglise (catéchèse, administration des paroisses, liturgie, …) et l’inculturation de la foi catholique dans la culture locale, dans le respect des directives du Concile. 
 
Pascal Gbikpi

Depuis le Diocèse de DAX

Chers Amis,
La nouvelle nous est parvenue hier après-midi : Monsieur l’abbé Yves Déat est décédé jeudi 2 mars à 20 heures, chez lui, à Basse-Terre, en Guadeloupe où il était parti comme prêtre “fidei donum” il y a plus de cinquante ans et qui était devenue la terre de tout son ministère sacerdotal. Il avait passé le cap de ses 87 ans le 4 janvier dernier.
Ses obsèques seront célébrées mardi 7 mars à 15 heures, en la cathédrale de Basse-Terre dont il faut le curé pendant 27 ans. Il sera ensuite inhumé dans le caveau des prêtres à Basse-Terre. Yves était resté incardiné dans notre diocèse et, puisque nous ne serons pas physiquement présents à la célébration de ses obsèques, nous n’oublierons pas, comme nous le faisons d’habitude, de célébrer l’eucharistie à son intention.
 L’évêque de Basse-Terre, Mgr Jean-Yves Riocreux, en nous informant du décès, nous a fait parvenir le beau témoignage que voici :
Le Père Yves Déat, belle figure de l’Église en Guadeloupe où il a passé plus de 50 ans, est toujours resté attaché à Dax, son diocèse d’incardination. En effet, ce baroudeur de l’Évangile, ancien pilote de chasse, est entré au séminaire de Bayonne à l’âge de 28 ans et a été ordonné en 1963. Après deux années à Mont de Marsan, il est envoyé comme missionnaire Fidei Donum en Guadeloupe. Là, il participe à la construction de l’église Sainte Thérèse dans le quartier populaire de la capitale et commence à tisser des liens pastoraux dans tous les milieux.
En 1970, avec l’accord de Mgr Bézac, il est nommé curé de la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe, tout en restant incardiné à Dax où il revenait régulièrement. Mgr Sarrabère et lui-même deviennent amis au point que l’évêque lui rendra visite en Guadeloupe. Lors des assemblées d’évêques à Lourdes, Mgr Sarrabère me demandait toujours des nouvelles de « Yves ».
Yves Déat est salué unanimement par la ville de Basse-Terre où il est resté plus de 40 ans : vicaire, curé et en retraite active.
Évêque depuis 2012, j’ai admiré cet homme bon et généreux qui a marqué des générations de Guadeloupéens. Le 29 juin 2013, nous avions associé nos jubilés : 50 ans de sacerdoce pour le Père Déat et dix ans d’épiscopat pour moi-même. Il avait dit avec simplicité et concision son bonheur d’être prêtre et de servir l’Église.
L’annonce de la mort de ce vieux prêtre a suscité une grande émotion dans la ville et dans le diocèse. En ce mardi 7 Mars, dans sa chère cathédrale, ses obsèques seront à la hauteur de son rayonnement sacerdotal.
Rendons grâces à Dieu pour ce bon et fidèle serviteur de l’Évangile, décédé paisiblement au soir du jeudi 2 Mars, au début du Carême.
 Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Basse-Terre et Pointe à Pitre
 De son côté, notre confrère Claude Cazaux m’a envoyé ce témoignage qu’il m’autorise à vous partager :
Yves avait été ordonné prêtre en même temps que Guy Lafitte et moi-même*. De son passé de pilote de chasse à Mont-de-Marsan, il avait gardé le goût de “l'espace”. Cela l'avait conduit en Guadeloupe. Maintenant qu'il a rejoint l'éternité de l'amour en Dieu, sans doute est-il de ceux qui peuvent nous rappeler combien il est important de ne pas enfermer l'amour de Dieu, la mission de son Église dans des structures d'organisation pour nécessaires qu'elles soient... Puissent-ils nous donner la force de témoigner sans cesse de cet amour dans ces “espaces” que des hommes, des femmes s'efforcent de rendre “habitables” pour tous, notamment les plus fragilisés. C'est ce qui va nourrir l'Eucharistie que je vais célébrer en union avec lui.
* L’ordination a été célébrée en la cathédrale de Bayonne par Mgr Gouyon, alors évêque de Bayonne, Mgr Bézac étant en convalescence après un accident de voiture (NDLR).
Merci à Mgr Riocreux et à Claude Cazaux pour leurs témoignages. Qu’Yves repose en paix. Bon carême à chacun.
P. Bernard HAYET, Chancelier

Questions liturgiques