Actualités - Dans le diocèse

Le Moule : Triduum Pascal


Après les avoir préparés pendant 40 jours par les enseignements de Carême, les deux prêtres de la paroisse Saint Jean-Baptiste du Moule, les Pères Jean-Gary et le Père Isadan ont accompagné les fidèles dans les célébrations de la semaine Sainte, notamment le Triduum pascal. C’est le nom par lequel on désigne la période de trois jours pendant lesquels l'Église célèbre la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus. Ce terme a été adopté en 1969, lors de la réforme liturgique. Il va du jeudi Saint à l’office de la Vigile Pascale.

Jeudi Saint

La messe du Jeudi Saint commémore le dernier repas de Jésus avec ses apôtres et l’institution de l’Eucharistie. L’assemblée toujours aussi nombreuse et dynamique était présente pour assister à cette célébration si importante pour l’Eglise Catholique. L’évangile selon Saint Jean proclamé ce soir-là, raconte non pas l’institution de l’Eucharistie, mais le geste du lavement des pieds. Ce geste est un véritable acte de purification et d’amour. Jésus Serviteur, s’agenouillant devant ses disciples, nous invite à une attitude d’humilité. «C’est un exemple que je vous ai donné, ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi.» (Jean.13, 15). Par ce geste, Il rappelle à ses disciples que le Royaume n’a d’autre loi que celle de l’amour gratuit et du service du prochain. Le Père Isadan dans son homélie, a expliqué à l’assemblée l’importance de ce geste pour les chrétiens, « en faisant cela ce soir-là, Jésus a institué le Sacerdoce. C’est la fête de tous les Prêtres. Il en a profité pour souhaiter bonne fête au curé et à lui-même, et il a demandé aux fidèles de prendre soin de leurs prêtres. « Car, disait-il, un prêtre malheureux fera beaucoup d’hommes et de femmes malheureux ».

            Le célébrant a enfin exhorté les fidèles en ces termes : « Mes bien-aimés, après un moment d’adoration silencieuse nous allons prendre un petit temps pour contempler Jésus dans le saint-Sacrement, nous allons parler avec Jésus, afin de lui confier nos soucis, nos peines et nos joies. C’est pourquoi, tout à l’heure comme Jésus, nous allons faire ce geste en lavant les pieds des différents membres de la Communauté et de mouvement de notre Paroisse, chers frères et sœurs, nous devons vivres dans l’humilité, dépouillons-nous de tout ce qui est sentiment de haine, de jalousie, d’orgueil et de méchanceté pour vivre la charité et l’humilité au service de nos frères et sœurs. »

Ensuite, les fidèles ont reçu le pain et le vin consacrés au cours de la messe, le Corps et le Sang du Christ. Puis le Saint Sacrement a été déposé «à la salle paroissiale», l’autel dépouillé, la croix enlevée et voilée. Tout ce dépouillement exprime que le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. S’ensuivit une nuit d’adoration. Les fidèles se sont unis à la prière du Christ ce soir-là, en veillant auprès du Saint-Sacrement jusqu’à 22h30.




Vendredi Saint
Le lendemain, vendredi Saint au petit matin à 6h30, le Père Jean-Gary accompagné de plus de 2000 fidèles rassemblés au Carrefour de la Croix en direction de la Chapelle de Néron ont pris la route pour la procession du chemin de croix. C’est un exercice spirituel pour accompagner Jésus vers sa mort, c’est une contemplation active qui veut aider chacun à entrer dans le mystère de l’amour de Dieu, manifesté en son Fils. D’autre part, dans l’intercession pour le monde tel que Jésus l’a vécu en s’offrant sur la croix, une telle démarche ne peut se faire que dans la perspective de sa Résurrection à Paques. Le chemin de croix apparaît donc comme un
pèlerinage« en esprit », c’est pourquoi il touche celui qui l’entreprend sous trois aspects, tant physiques que spirituels : la marche, la méditation et l’intercession. Tout au long des 14 stations nous avons loué et prié pour le monde entier, les familles, les politiques, les malades, les pays en guerre, les réfugiés qui fuient leurs pays sans savoir ou aller, la violence sous toutes ses formes. Dans le cadre du chemin de croix, la prière voudrait prendre en charge toutes les situations de souffrance, d’épreuve, de détresse, de mort que nous rencontrons autour de nous dans la vie quotidienne ; toutes les vies des hommes de ce monde que le Christ, dans son mystère pascal, a offertes au Père.



 

Arrivés à la Chapelle de Néron, après quelques louanges et prières, nous nous sommes donné rendez-vous pour la célébration de la Passion à l’Eglise à 15 heures.
L’heure venue, nous étions tous réunis encore plus nombreux sur le parvis de l’Eglise pour célébrer la passion du Christ et méditer les souffrances du Christ. Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie,c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels. Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.


 


 

La proclamation de ce récit de la Passion a été animée par le Père Jean-Gary et le Père Isadan accompagnés des autres lecteurs. En méditant sur cet Evangile, nous comprenons que Jésus n’a pas commis de péché, mais s’il est arrêté, c’est parce qu’il s’est tout simplement livré lui-même par amour pour nous. Crucifié, il est passé de la mort à la résurrection pour nous sauver et nous offrir la vie éternelle.
En ce jour, les chrétiens sont appelés au jeûne
 (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle). C’est une démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ.
A l’heure de la vénération de la Croix, les fidèles se sont tous déplacés, dans le silence le plus absolu, sous le soleil pour aller adorer le Christ sur la Croix. Puis la distribution de la communion a clôturé cette célébration. Et tous se sont retirés pour se préparer à la fête de la résurrection du Christ à la Vigile Pascale.






 

Samedi Saint : Vigile Pascale


 

Le Samedi de la Vigile Pascale, son Excellence Monseigneur RIOCREUX est venu présider l’Eucharistie concélébrant et il est accompagné par les prêtres de la paroisse. Au cours de la Vigile pascale, 14 catéchumènes adultes ont été appelés au baptême. La chorale et ses musiciens faisaient vibrer l’assemblée par leur louange. Comme pour les précédentes célébrations, l’Assemblée était toujours aussi nombreuse à cette veillée Sainte, les fidèles occupaient l’Eglise mais aussi le parvis de l’Eglise, car un grand écran a été mis en place pour faire suivre ce qui se passait à l’Autel.
Le premier moment de la célébration était le rite du feu nouveau. Le cierge pascal, symbole de la présence du Christ, est alors allumé et sa lumière a été distribuée sur les petits cierges des fidèles. Cette lumière brillera du dimanche de Pâques à celui de la Pentecôte.   

Suivie la liturgie de la Parole. Après les lectures et la proclamation de l’Evangile, son Excellence Monseigneur RIOCREUX,  s’est exprimé dans son homélie en ces termes : « Le Seigneur nous a fait écouter la lecture de l’ancien et du nouveau testament. Il y a un instant notre émotion pouvait être très grande, avec l’odeur de l’encens et la lumière des cierges, comment ne pas être heureux en fêtant la Vigile Pascale. » En s’adressant aux catéchumènes, Monseigneur RIOCREUX disait : «  aujourd’hui la bonne nouvelle est arrivée jusqu’à vous puisque vous avez demandé le baptême. (…)Pensez que vous êtes mort aux péchés mais vivant pour Dieu en Jésus-Christ.» Il a ensuite demandé au Seigneur de bénir le ciel, la terre, le monde entier, la mer, surtout au Moule. Car nous restons toujours des pécheurs, mais en enfants de Dieu. La Vigile Pascale est le moment où nous prenons tous ensemble  conscience que nous appartenons au peuple des baptisés qui marchent vers la lumière du Christ.

La nuit Pascale est toujours l’occasion pour les chrétiens de renouveler leur profession de foi baptismale. C’est la raison pour laquelle les adultes demandant le baptême (les catéchumènes) sont baptisés dans leurs paroisses pendant la veillée pascale. La fête de Pâques est la plus importante pour les chrétiens. Elle célèbre la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. Elle est la fête chrétienne la plus ancienne et la fête centrale de l’année liturgique. Son nom hébreu « Pesah », évoque le passage. La première référence est celle du passage de la mer rouge par les hébreux lors de la libération d’Egypte. Depuis la Résurrection du Christ, c’est la célébration du passage avec lui de la mort à la vie. Si l’évènement de la libération d’Egypte est lié au sacrifice de l’agneau pascal, par sa mort et sa résurrection Jésus, "nouvel agneau", devient le principe d’une création nouvelle et réalise pleinement le dessein de Dieu. La Pâque de Jésus est le fondement absolu de la Foi Chrétienne comme l’Exode celui de la Foi Juive.



 

Après la liturgie de la Lumière et de la Parole, le moment est arrivé de passer à la liturgie du Baptême, moment très émouvant pour les 14 catéchumènes très concentrés à l’écoute de la litanie des Saints. Après avoir énuméré le nom de tous les futurs baptisés, Monseigneur RIOCREUX les a invités à renoncer à Satan et à croire en Jésus-Christ avant d’être baptisés dans la Foi de l’Eglise qu’ils ont exprimée avec les fidèles. Que d’émotions pour ces baptisés qui renaissent de la vie de Dieu ! Avec l’huile qui a été consacré mercredi dernier lors de la Messe Chrismale à l’Église de Saint-Pierre et Saint-Paul, les baptisés ont ensuite été marqués du Saint-Chrême. Les parrains et Marraines s’approchent de leurs filleuls pour les revêtir du vêtement blanc. Et le dernier signe c’est celui de la lumière qu’ils ont reçue solennellement. Dès lors, ils sont devenus lumière afin de toujours marcher dans la lumière du Christ partout dans le monde. Puis les baptisés sont descendus dans la foule pour transmettre la lumière qu’ils venaient de recevoir, accompagnés des vibrantes louanges de la chorale et de l’assemblée. La célébration de l’Eucharistie s’est poursuivie toujours dans l’allégresse et la joie du ressuscité.




 

A la fin de la messe, Monseigneur RIOCREUX a remercié l’assemblée pour sa participation massive à cette belle célébration de Vigile Pascale, et a donné rendez-vous aux néophytes (belle fleur),  dans 50 jours pour leur confirmation. Il a profité également pour rendre hommage au Pape François qui le dimanche à 12 heures, soit 6 heures, heure de Guadeloupe, bénira le monde entier. Puis l’Evêque est sorti, accompagné des baptisés pour les présenter à l’assemblée à l’extérieur.
Le Christ est Ressuscité, Alléluia ! Joyeuse Pâques à toutes et à tous ! 
 
                                                                                                                      Cyrianne SURET

Questions liturgiques