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Un pèlerinage plein d’espérance et de réconfort en Haïti

Un pèlerinage plein d’espérance et de réconfort en Haïti


Le diocèse de Guadeloupe, comme tous les diocèses du monde, organise chaque année durant les temps de vacances des pèlerinages dans des lieux symboliques de la chrétienté pour permettre à la foi des fidèles d’être revigorée : Terre Sainte, Rome, Assise, Fatima, Lourdes, ND de Guadeloupe au Mexique etc… (toutes les religions font de même dans des lieux qui leur sont propres). Cette année, grâce à l’audace de mon parrain Jean-Marie Gauthier et des Petits Frères de l’Incarnation basés à saint Jean Bosco,  une retraite-pèlerinage a été organisée par la direction des pèlerinages du diocèse de Guadeloupe (Père Edouard Silène, vicaire général, en est le responsable) vers Haïti. Une première ! A Saintard, un lieu béni, à soixante kilomètres au nord de Port-au-Prince en direction des Gonaïves. Et ce sont quarante Guadeloupéennes et Guadeloupéens (de tous âges) qui y ont participé du 5 au 12 juillet 2018. Mon parrain m’a offert ce « cadeau » de l’accompagner ainsi que sa famille car je venais de réussir le Bac Pro Aéronautique (au LEP de Blanchet) et il voulait me récompenser. Sceptique au départ, j’en suis revenu enthousiasmé ! Vraiment ! Je décide aujourd’hui de vous communiquer ma joie en réalisant cette petite interview pour vous partager ce moment d’immense bonheur qu’a été pour tout le groupe ce temps de réconfort auprès du Frère Francklin Armand. La fête de l’Assomption me permet cette pause, avant la reprise, vers la mention complémentaire aéro. en  métropole. (j’en profite ici pour remercier du fond du cœur le LEP de Blanchet qui m’a tant apporté, tous mes profs même si des fois je leur ai pris la tête, et mon parrain Jean-Marie Gauthier Conseiller Principal d’Education qui m’a toujours fait confiance envers et contre tout. Merci aussi au Secours Catholique de Guadeloupe d’avoir aidé maman à sortir de l’ornière).

1°) On sait ton attachement pour Haïti. Mais quand même quelle témérité, d’autant que le pays a vécu une période particulièrement violente pendant le séjour !
« Ne parlons pas tout de suite de ces révoltes qui ont secoué grandement le pays. On ne s’y attendait bien-sûr pas. Le pèlerinage prévu depuis un an regroupait une quarantaine de personnes de tous âges et venues de toute la Guadeloupe (même de Marie-Galante), bien décidés d’une part à vivre un temps de ressourcement spirituel auprès du Frère Francklin Armand, fondateur de la Fraternité de l’Incarnation ; et d’autre part d’approcher la réalité haïtienne de l’intérieur en participant aux nombreuses activités de la communauté. On sait tout le travail que font les petits frères et les petites sœurs de l’incarnation avec les paysans surtout (mais aussi au niveau éducation, santé, agriculture…etc) depuis plus de quarante ans. Le thème de la retraite était : « comment relier la Parole de Dieu et la vie ? ». Nous avions des enseignements qui alternaient avec des temps de pause, de lecture, de prière, d’échange, l’eucharistie étant le sommet de chaque journée. La proximité de la mer dans un cadre merveilleux qu’est ce havre de paix dédié au Père Charles de Foucauld, permettait la détente, les loisirs. Nous devions aussi participer aux tâches qu’assure la fraternité avec de nombreuses familles autour de chaque implantation : boulangerie, potager, artisanat, élevage… Les enseignements du Frère Francklin ont été lumineux pour nous tous : il a parlé tout du long avec son cœur, ses tripes étayant ses propos de multiples exemples concrets de la vie courante. Nous n’avons jamais eu le temps de nous ennuyer. Au contraire, et son regard toujours souriant, à l’écoute, humble et lumineux nous a tous marqués profondément."


2°) Pour toi, qui est Fr Francklin Armand ?
«A n’en pas douter, un expert en humanité. D’ailleurs il est vénéré partout en Haïti où il a déjà reçu le prix prestigieux de « trésor national vivant », parmi d’autres distinctions nombreuses dont il a déjà été gratifié (jusqu’au-delà des frontières du pays) ; c’est dire son charisme et la reconnaissance de tout le peuple haïtien pour le travail remarquable qu’il a réalisé et qui n’est pas terminé, pour ne parler que des 228 lacs collinaires qu’il a creusés partout pour maintenir l’eau dans ce pays particulièrement aride et sec, favoriser le reboisement et les plantations maraîchères… Un professeur haïtien me disait : c’est le Gandhi chrétien ! Nous sommes témoins de sa foi immense : « je n’ai rien ; tout vient de Dieu ! je ne me réfère qu’à Lui ! » et de nous laisser son message qui est son leitemotiv dans toute sa vie  « Laisse-toi aimer par Dieu ! Kite Bondye Renmenw ! ». A 70 ans, il est encore plein de tonus et de joie, chantant et dansant admirablement.

3°) Les évènements et le climat de violence dans le pays, parlons-en ?
« Evidemment nous n’étions pas dans une bulle et toutes les nouvelles nous parvenaient, d’ailleurs Fr Francklin était très préoccupé par cette révolte subite (le président Jovenel Moïse l’a appelé plusieurs fois). Regrettant les débordements meurtriers il nous a expliqué combien les mesures imposées arbitrairement pour l’augmentation de l’essence étaient injustes et pénalisaient surtout les petits et les pauvres qui sont 80% de la population, la richesse du pays étant aux mains de riches qui comptent à peine 20% et qui tiennent à leur privilège en lien avec l’étranger. Dans la prière nous avons porté tout cela. Dans la confiance. Dans la prise de conscience et les quelques échanges que nous avons eus avec les personnes autour. Mais tout le pays étant barré, nous n’avons pas pu nous déplacer beaucoup et avons été empêchés de nous rendre à Hinche, berceau de la Fraternité et visiter les lacs et tout le travail fabuleux qui s’y fait. Mais nous reviendrons. »

4°) La visite à Arcahaie !
« Oui, un grand moment. Dès que le climat s’est quelque peu apaisé, Fr Francklin a tenu à ce que nous soyons reçus par Mme Rosemila Saint-Vil Petit Frère, maire principale de l’Arcahaie. Cette magistrat d’à peine cinquante ans est d’une vivacité et d’une clairvoyance qui ont édifié tout le monde : défendant la condition des femmes en Haïti et tentant de promouvoir le bien de tous, elle nous a présenté avec dynamisme et un grand sens patriotique la cité du drapeau qu’est sa ville, les principaux monuments, le marché, la bibliothèque, tout cela n’hésitant pas à marcher avec nous à travers la ville pour rencontrer au plus près les gens et répondant à toutes les questions avec l’équipe d’ingénieurs qui l’escortait. Nous avons beaucoup appris. Elle nous a remis la médaille de la ville et nous avons tous signé le livre d’or. Un grand moment. Personnalité politique en vue dans la pays, elle n’a pas cessé de tarir d’éloges Frère Francklin Armand, nous en étions très honorés.


 

5°) Le mot de la fin !
« N’ayons pas peur de nous rendre en Haïti. De créer des liens solides entre nos îles de la Caraïbe. Et comme dit Fr Francklin : suivons le pape François, prenons l’écologie à bras le corps pour aider notre terre à aller mieux et favoriser un climat de fraternité autour de nous. N’ayons pas peur comme disait Jean-Paul II. L’exemple de l’entreprise « Vivre en Bois » qui s’installe en Haïti grâce au courage et à la générosité de Pierre Piveteau, dont nous avons pu visiter l’entrepôt à Port-au-Prince est un beau témoignage dans le concret.
Pour conclure je voudrais moi, Blaise John, relater deux faits édifiants qui m’ont marqué cette année, c’est une amie Danyouse Désir qui a eu le prix du mérite pour le meilleur Bac du lycée de Blanchet (avec mention Très Bien) , et cette petite parabole de Pierre Rabhi à propos du colibri. 

 

J’aime cette histoire du colibri racontée par Pierre Rabhi. Cette métaphore évoque un petit oiseau qui, pour éteindre un immense feu de forêt, porte une goutte d’eau dans son bec et la jette sur le feu. « Mais voyons, s’énerve le tatou, observant les incessants allers retours  de l’oiseau entre la mare et le feu, tu ne crois tout de même pas que tu vas éteindre cet incendie à toi seul ? ». Le colibri lui répond : « Non, mais je fais ma part ».
Fr Francklin Armand nous montre comment faire notre part !   

 

Vive les métiers manuels ! Danyouse Désir est un vrai et un bel exemple pour nous les jeunes… courageuse, volontaire, elle est arrivée d’Haïti il y a trois ans avec sa sœur, chez son papa ouvrier agricole à Trois-Rivières. « Je voulais faire esthéticienne ou informaticienne. Pas de place à Blanchet dans ces filières, seulement OBM (Ouvrage Métallerie Bâtiment), m’a dit M Gauthier. Plutôt que de me cabrer, j’ai obéi. J’ai appris ce métier inconnu pour moi ; je me suis mise à souder, à manier le métal et à imaginer des  
constructions. J’ai eu des enseignants qui se sont mis à ma portée (dont M Rosemond) dans cette profession essentiellement masculine. Mon père est mort d’une infection pulmonaire fin décembre 2017 ; avec ma sœur nous ne nous sommes pas découragées, subvenant à nos besoins comme nous pouvions avec maman » dit fièrement Danyouse pourtant habituellement si humble et 
discrète. Aujourd’hui elle a obtenu son Bac Pro avec mention, et elle est la première de tous les élèves de Terminale de Blanchet avec 17,92 de moyenne sur l’année, dans une filière qui n’est pas assez valorisée mais qui est pourtant porteuse d’avenir. Les filières non seulement en génie civil ou architecture s’ouvrent à elle en enseignement supérieur, mais elle intègrera Fouillole en licence de l’ingénieur. Chapeau Danyouse ! « Mon père nous a toujours dit : l’oisiveté ne mène à rien et la désespérance tue ! Allez de l’avant, ne vous occupez pas des autres, menez votre chemin. Croyez en Dieu ». Merci papa ! 
Danyouse Désir


Publié par Blaise JOHN sur facebook et divers médias caribéens… août 2018 !

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