Billet du dimanche 1

Epiphanie 2019 : billet du dimanche 6 janvier 2019

Aujourd’hui c’est la fête de l’Epiphanie du Seigneur. Ce mot épiphanie vient du grec qui veut dire « manifestation ». Jésus donc s’est manifesté particulièrement de trois façons, d’abord à Béthléem, i.e. aux mages. Il se manifeste en effet comme le sauveur du monde, comme la lumière, le guide, l’étoile de toutes les Nations.  Deuxièmement Jésus s’est manifesté aux disciples à l’occasion des noces de Cana en Galilée.  Quand il changea l’eau en vin, st Jean dit dans l’Evangile : « Tel fut à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui ». Et enfin à l’occasion de son baptême sur le bord du Jourdain, lorsque l’Esprit descendit sur Jésus : une voix se fit entendre : « Celui est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis tout mon amour écoutez-le. »

Après les Bergers de Noël, ces sages, ces hommes puissants en autorité sont venus s’agenouiller aussi devant l’enfant de la crèche, entouré de ses parents simples et pauvres. Le sauveur a voulu se manifester à tous sans exception. Tous ont reconnu dans cet enfant quelqu’un d’autre qu’eux, quelqu’un en qui, nous les chrétiens, nous reconnaissons le visage humain de Dieu. Non seulement ces mages se mettent à genoux devant l’enfant, mais encore ils offrent ce qui symbolise leur richesse et leur puissance. Ils se « dépossèdent » en quelque sorte de ce qui  symbolise leur pouvoir et leur culture. Ces trois personnages peuvent représenter les trois pouvoirs de la société : le pouvoir scientifique, le pouvoir politique, et le pouvoir économique.

 Les Mages c’est aussi l’histoire des hommes qui se mettent en marche vers le Sauveur. Il y a en effet depuis toujours des chercheurs de Dieu dans tous les pays du monde. Nous sommes tous à la recherche de Dieu. C’est cela la foi : une sorte de marche à l’étoile, une recherche de Dieu comme à-tâtons dans une demie obscurité, une demie-lumière.Mais  ce qui est merveilleux, c’est que ceux qui cherchent Dieu finissent par le rencontrer. Notre recherche aboutit toujours. Cela veut dire que ce n’est pas une marche absurde vers l’absurde. Cela veut dire encore que cette recherche de Dieu aboutit nécessairement à une rencontre réelle avec Celui qui s’est fait chair et qui a habité parmi nous. J’ajoute que cette découverte, cette rencontre, peut ne pas être comme on l’attendait, à l’exemple des mages qui ont découvert le Roi d’Israël dans une pauvre étable. Dieu se manifeste d’une manière déroutante, là où on ne l’attend pas, là où n’espère pas le voir, quelque part  souvent dans un lieu  inattendu : dans le pauvre, l’immigré, le démuni, l’étranger, il fait signe, il est toujours surprise, à l’instar de celui qui s’étonne (comme on dit chez nous en créole) : «  Eskisé, en pa té ka mêm’m vouèw!. »


Père Yves GILLOT

 


Questions liturgiques

Origine de l'Avent et qu'est ce qu'une "année liturgique"?

Le mot "Advent" qui dérive du latin adventus, signifie "venue, avènement". Le temps de l’Avent n’est pas une période d’attente et d’expectative, mais plutôt comme le temps même de la venue et de la manifestation du Seigneur, avec une insistance sur le caractère glorieux de cette "épiphanie". Lire la suite...