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Mgr David Macaire au Mémorial ACTe

L’archevêque de Martinique, Mgr David Macaire, s’est arrêté 2 jours début juillet en Guadeloupe pour rencontrer Mgr Jean-Yves  Riocreux et Mgr Saturne Launey du diocèse de Jacmel en Haïti. Il a aussi pris un temps de rencontre avec  les 2 prêtres haïtiens  du presbyterium de Guadeloupe qui rejoignent la Martinique en septembre. Mgr Macaire trouve important le partenariat de la Martinique, de la conférence épiscopale,  avec Haïti et c’est pourquoi ils souhaitent davantage de prêtres haïtiens dans son diocèse.
Durant ce temps, Mgr Macaire a tenu aussi à visiter le Mémorial Act, il nous a laissé ses impressions

 
Pourquoi cette visite au Mémorial ACTe est importante pour vous?
La question intellectuelle, historique,  psychologique
et même politique de la réconciliation, de la question de l’esclavage  est au centre aujourd’hui d’une véritable guérison et un nouveau départ pour nos peuples martiniquais et guadeloupéens. La construction du Mémorial ACTe, le nombre d’associations, de manifestations qui se créent autour de cette problématique le prouve, et l’Eglise est au centre de ce processus de réconciliation. Et puis le président du Mémorial ACTe Jacques Martial m’avait invité et je lui avais promis de venir.


Mgr Macaire et Jacques Martial, président du Mémorial ACTe avant la visite

 

Comment trouvez-vous ce Mémorial ACTe techniquement et historiquement ?
Il est vraiment très bien et on ne peut qu’être très fier de ce musée qui a reçu le  prix du Conseil de  l’Europe 2017. On y a mis le prix mais cela vaut le 
coup (et le coût!). Tout est très bien expliqué mais 2 remarques toutefois :
1.       Il est oublié le courant fort anti esclavagiste de l’Eglise, qui est le 1er courant anti esclavagiste dans l’histoire. Au mémorial ACTe on parle quand même du Père Las Casas et ce qui est dit est bien. Mais ce courant est permanent durant toute l’histoire de l’esclavage.
2.       Sinon, il est un élément qui est donné comme venant de l’Eglise catholique, disant que l’Eglise aurait donné une caution morale à l’esclavage,  alors que cela vient du roi de France. Les premiers textes des papes réprouvent fermement l’esclavage.

Bien sûr je prêche pour l’Eglise mais il faut être dans la vérité et les antis esclavagistes oublient souvent le rôle de l’Eglise, comme le rôle de Sr Anne-Marie Javouhey qui libère en Guyane les esclaves dès 1838 (soit 10ans avant l’abolition !). Et bon nombre de prêtres et religieux sont dans cette lignée, ils y ont consacré leurs vie, en ont souffert et même en sont mort comme un certain abbé de Macaire… et il ne faut pas les oublier.


Et l’avenir suite à cette visite ?
J’ai un projet de conférence qui sera peut-être un livre : « Aimez-vous les uns les autres : le défi  de l’amitié politique dans les Antilles au XXI siècle ». Ce qu’on appelle "amitié politique" c’est la capacité des hommes à vivre ensemble et à servir ensemble un bien commun malgré les oppositions. Or c’est exactement ce qui nous manque et  l’esclavage est peut-être la blessure la plus grave, où on retrouve maintenant un peu trop un « chacun pour soi » en livrant son cœur aux passions du moment etc..
C’est un vrai défi et j’espère aller plus loin dans la réflexion en vue de ce bien commun.  Ce défi me vient  de la vie et de l’œuvre du Père Gaston Jean-Michel, qui fut mon père spirituel, mort à 103 ans, une semaine après mon ordination épiscopale et qui a fait beaucoup pour l’église et la Martinique. Il demeure un grand homme de la Martinique et inspire en ce moment le synode de la Martinique.
 
Merci Mgr Macaire pour cette visite en Guadeloupe et cette interview
Laetitia Penava

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